C’est une fin de journée, annoncée par la tombée du jour et le coucher du soleil, de déplacement d’air plus ou moins important ressenti à la surface du globe, de manifestation sonore de la foudre, bruit plus ou moins violent, perçu plus ou moins longtemps après l’éclair selon la distance qui sépare le phénomène du lieu où il est entendu et intervenant souvent plusieurs fois au cours d’une perturbation atmosphérique caractérisée par des phénomènes électriques (lumière éblouissante accompagnant la décharge électrique des masses nuageuses, foudre) et généralement accompagnés de fortes précipitations, et de vapeur d’eau atmosphérique condensée en gouttes qui tombent du ciel sur la terre.
Elle est entièrement absorbée dans l’occupation de déchiffrer visuellement des signes graphiques qui traduisent le langage oral, des Hauts de Hurlevent, en séquence d’images, avec ou sans texte, relatant une action au cours de laquelle les personnages types sont les héros d’une suite à épisodes.
Un bruit comme produit par la décharge d’une arme à feu qui se manifeste dans un mouvement de violence avec rapidité, d’une manifestation sonore de la foudre, plus ou moins violente, perçue plus ou moins longtemps après l’éclair selon la distance qui sépare le phénomène du lieu où il est entendu et intervenant souvent plusieurs fois au cours d’une perturbation atmosphérique caractérisée par des phénomènes électriques (lumière éblouissante accompagnant la décharge électrique des masses nuageuses, foudre) et généralement accompagnés de fortes précipitations, la vapeur d’eau atmosphérique condensée en gouttes qui tombent du ciel sur la terre, qui subsiste de façon durable, se transforme en vapeur d’eau atmosphérique condensée en gouttes qui tombent du ciel sur la terre d’une perturbation atmosphérique caractérisée par des phénomènes électriques (lumière éblouissante accompagnant la décharge électrique des masses nuageuses, foudre) et généralement accompagnés de fortes précipitations, avec des lumières éblouissantes accompagnant la décharge électrique des masses nuageuses, dont les contours ne laissent place à aucun doute, ou dont les contours ne sont pas parfaitement définis, et une manifestation sonore de la foudre, bruit plus ou moins violent, perçu plus ou moins longtemps après l’éclair selon la distance qui sépare le phénomène du lieu où il est entendu, et intervenant souvent plusieurs fois au cours d’une perturbation atmosphérique caractérisée par des phénomènes électriques (lumière éblouissante accompagnant la décharge électrique des masses nuageuses, foudre) et généralement accompagnés de fortes précipitations qui, dirait-on, bat violemment contre les branches et les feuilles des arbres dans les gris de la fin de journée, annoncée par la tombée du jour et le coucher du soleil.
Par l’assemblage de pièces rigides constituant l’armature de l’ouverture pratiquée dans son mur, pour faire pénétrer l’air et la lumière à l’intérieur du local et munie d’une fermeture vitrée, s’introduisent furtivement comme par un filtre à travers les interstices, des structures longues et déliées comme celles d’une matière textile naturelle, dont l’épaisseur est inférieure à la moyenne, de la vapeur d’eau atmosphérique condensée en gouttes qui tombent du ciel sur la terre, subissant une pression physique pour provoquer son déplacement, par les mouvements rapides au bout desquels un corps vient heurter un autre corps, d’une machine de guerre formée d’une poutre dont l’une des extrémités est armée d’une masse de métal, que le déplacement d’air plus ou moins important ressenti à la surface du globe dirige avec violence et de manière à frapper juste, contre la très grande quantité qui devient disponible, de manière brusque et inopinée, d’une vapeur d’eau atmosphérique condensée en gouttes qui tombent du ciel sur la terre, que n’a l’intention déterminée d’obtenir ni être appartenant à l’espèce animale la plus développée, sans considération de sexe, ni plante phanérogame non ligneuse, annuelle, bisannuelle ou vivace, pas plus que la manifestation sonore de la foudre, bruit plus ou moins violent, perçu plus ou moins longtemps après l’éclair selon la distance qui sépare le phénomène du lieu où il est entendu, et intervenant souvent plusieurs fois au cours d’une perturbation atmosphérique caractérisée par des phénomènes électriques (lumière éblouissante accompagnant la décharge électrique des masses nuageuses, foudre) et généralement accompagnés de fortes précipitations, qui aboutit à ce que vous réagissiez vivement sous l’effet d’un choc émotif comme un être humain, sans différenciation de sexe, dans les premières années de sa vie et avant l’adolescence, ou ce déplacement d’air plus ou moins important ressenti à la surface du globe qui obtient presque le résultat souhaité d’empêcher de se propager le son de l’instrument à percussion, originaire d’Extrême-Orient, fait d’un disque de métal sonore (bronze ou cuivre) généralement suspendu, que l’on frappe avec un maillet ou une baguette à tampon, de la fin de la journée, annoncée par la tombée du jour et le coucher du soleil.
Harry Mathews, « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » (P.O.L. 2000).
— Wana — 28/09/2011 —
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Chaque substantif, adjectif ou verbe est replacé par sa définition donnée par le dictionnaire (TLFi)
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Texte source :
C’est un soir de vent, de tonnerre et de pluie. Elle est plongée dans la lecture des Hauts de Hurlevent en bande dessinée. Un brusque coup de tonnerre et la pluie persistante se change en pluie d’orage, avec des éclairs nets ou diffus, et un tonnerre qui dirait-on fouette les frondaisons dans les gris du soir. Par le cadre de sa fenêtre s’infiltrent des minces fils de pluie poussée par les coups de bélier que le vent assène contre l’abondance soudaine d’une pluie que ne veut ni homme ni herbe, pas plus que le tonnerre qui vous fait sauter comme un enfant, ou ce vent qui arrive presque à étouffer le gong du soir.
Harry Mathews, « Sainte Catherine » (P.O.L. 2000)
Ouana vous êtes trop spectaculairement bon, un véritable Hugo Victor de l’écrit. Chapeau bas et accent circonflexe. Avez vous essayé de prendre comme matière première un édito du Monde, afin de tailler dans cette matière datée un petit bijou intemporel ?
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► un promeneur
Merci de vous être arrêté ici un moment !
Il y a ici un effet “super lourd”, parce que le texte source, lui-même, est un exercice “contraint”, qui comporte la répétition de plusieurs mots (vent, pluie, tonnerre, soir), ce qui fait que sur ces quelques lignes, la même “phrase-définition” est répétée 4 ou 5 fois (j’aurais pu aussi écourter les définitions…)
Je n’ai pas bien reconstitué la règle appliquée au texte source, parce qu’il faudrait disposer du chapitre qui précède et de celui qui suit : en effet, Harry Mathews utilise, sur l’ensemble de son bouquin, des quadruplets de mots qui débordent d’un chapitre sur l’autre (il a tenté d’expliquer ça, cet été lors des ateliers… mais c’est compliqué). Fondamentalement, l’ensemble du bouquin est constitué de “quatrines” en prose (d’où le titre…) : des textes où 4 mots sont répétés dans un ordre préétabli.
Cet été, j’ai fait un exercice de ce genre avec une sextine, ici (avec “terre, lien, face, foule, trace, illusion”)
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…. alors on pourrait dire ceci au terme de toute tentative oulipienne: tout texte (même un mode d’emploi de robomixeur en tagalog) est littérairement infini, la forme qu’on en lit est temporaire comme une couleur de feuille de noisetier, les sentiments, ou la densité de l’air. Temporaire et partiale. La parole est un magasin de porcelaine, mais nous traversons tout ça en quadrimoteur.
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–La parole est un magasin de porcelaine, un promeneur | le 02 octobre 2011 à 09:16 |-–
– Voila de quoi ravir un psychanalyste. Lui, du moins, la traverse en silence…. 😉
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