Maroquins mystérieux
Devant cette enfant pure, une Vierge apparut.
Prélevant dans la bâche, l’eau, un peu de flotte
La jeunette se barre, ointe de La Vertu,
Fuyant l’aberration, qu’elle a vue dans la grotte.
“Ta condition pubère te rend influençable… ”
Ainsi parlait l’abbé, son missel grand ouvert.
C’était un pauvre bougre, Abbé Mouret peccable…
Bien des fois il pécha, tel l’agneau qui se perd.
“A lorgner sur la fille, on finit par ne voir…
Que ses hanches tanguer, en jean, et deux poitrines (*),
En nous donnant la vie, Dieu joua notre espoir !
Un mouvement de jupe… et l’on aime en sourdine…
L’esprit lubrique aussi s’use, comme aux risées !
L’épée toujours dressée, faut-il monter la garde ?
Bien souvent celui qui le fait veut refuser :
Car il s’y colle, mais retient sa hallebarde.”
“Toujours sur ma donzelle loucheront mes yeux !”
Dit Joseph qui conçut le Roi de Palestine.
Consacrant une longue, étriquée quête à Dieu,
Marie a nié sa maternité divine !
Lorsqu’en prenant la mer, si effrayée, tu n’oses
Aux assauts d’un ami te rendre toute nue,
Laisse monter mon chant pour les vivants, explose !
Les regrets vont aux Morts, à nos chers disparus.
Loin du rut des pourceaux, lier les corps en fièvre
Ne devrait en principe écœurer seulement
Que des arpins chargés d’un esprit bien trop mièvre
Rétifs aux coups de reins, courts dans l’engagement !
Ne sois pas marrie : chair et âme sont sœurettes.
Relisons Marivaux, qui écrit que l’amour
Doit bien plus au hasard qu’aux idées toutes faites.
Le poète, au goût vert, ne manquait pas d’humour.
— Wana — 02/06/2011 —
J’ai dû modifier ce lexique phonétique (qui date déjà de 6 mois), afin de tenir compte d’une double actualité : d’une part les mouvements ministériels et d’autre part les mouvements compulsifs de la classe politique, ce qui m’a incité à renforcer la grivoiserie sous-jacente. Il m’a fallu, bien sûr, revoir certaines strophes pour respecter l’ordre alphabétique dans la distribution des rôles.
(*) modeste hommage à Boby
Wana,
Quelle patience vous a-t-il fallu pour agencer tout ça !
On pourrait intituler votre pièce Les Tron-pettes de la renommée.
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après les Persanes, … les “Lettres Turques” ? il y a là le Pouvoir, le Harem, et Dieu : trinité des Lumières
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Wana,
1. Content de vous de retrouver ce soir et d’apprendre, grâce à vous, un jeu que j’ignorais : le «logo-rallye» .
Dans ce genre de choses, je n’avais en tête qu’une chanson de Pierre Perret, bien foutue, sur les stations du métro parisien. Bien foutue et qui n’oublie pas toutes les trivialités de la «vraie vie».
http://www.wat.tv/video/bercy-madeleine-pierre-perret-1igep_2hrzx_.html
Mais sans doute n’est-ce pas là, au sens strict, un véritable «logo-rallye», celui où toutes les étapes sont fixées d’avance. Comme dans un voyage organisé.
J’imagine que Perret a pioché à sa guise, dans la liste, les stations qui lui convenaient et qui sonnaient avec le meilleur «à propos».
La rigueur y perd mais la fantaisie y gagne.
2. Je lis aussi, maintenant et ailleurs, que l’Insecte fait la fine gueule au sujet d’une vanne par moi commise et d’une vulgarité que j’avoue familière et reprochable. Elle a raison, cette délicate bestiole : je déplore toujours chez moi un mauvais goût* irrépressible, ma tolérante faiblesse en matière de rétention et mes émonctoires sous-équipés en réducteurs de pression.
Peu de vannes de «retenue» contiennent, en effet, mes vannes dérisoires et mes débordements.
…
Mais la décision est prise : je fais faire un devis pour enfin pallier ce manque et, dans l’attente des travaux, vous avez toute latitude, Wana, pour anéantir « la chose », si vous jugez qu’elle dépare la qualité de votre blogue : – Vous restez, chez vous, le maître de vos élégances.
___________________________________________
* Comprenez-moi pourtant, Wana, toutes mes humanités datent du Professeur Choron et de sa joyeuse bande scato… qui ne reculaient devant rien. Les chansons paillardes ont aussi forgé ma sensibilité musicale….etc.
Plus récemment, en novembre et décembre derniers, j’ai dû «gérer»** tous les soucis domestiques d’une HAD que je ne souhaite pas à votre Sémiramis : la morphine, bien sûr, mais aussi le pipi, le caca et le vomi… Jour et nuit…et là, je vous passe tous les détails. (Hormis celui-ci : le crabe écornifleur se souciait peu alors d’être chez moi canceri ou cancéro.)
** Je l’ai fait avec soin, amour et sans répulsion : -Rien de ce qui est humain ne m’est étranger.
Alors, pensez bien que toutes les préciosités feintes d’insectes bâfreurs d’ignobles feuilles de ronce et dédaigneux des fragrances exquises des fleurs de chez moi et des subtiles puanteurs ( de chez moi aussi) , je m’en bats les parties que vous savez.
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> Lucullus,
Votre message en forme de soutien m’est un baume…. et votre «raïa/raillerait» a fait se trémousser tous les zygomatiques mélomanes que j’ai dans l’oreille.
Merci donc d’être toujours une si belle âme, si éloignée des mesquineries d’arthropodes mal embouchés parfois… Mais qui peuvent être sympathiques, souvent et malgré tout.
> Wana,
Dans les plus grands moments, quand l’heure est grave, l’homme doit savoir se montrer à la hauteur des défis… Même les plus insurmontables et les plus incongrus.
On voit bien par là, et en toutes ces occurrences, comme il se distingue de la femme et de l’animal, qui eux s’en foutent.
Votre affaire de «logo-rallye» devait donc être réglée…
Et mes responsabilités étaient là, qui m’y poussaient et me disaient : – Toujours faire face !
Je n’ai pas voulu faillir…
Et, puisqu’il s’agit là d’une affaire de règles et de règlement, autant délibérer avec moi-même pour les édicter.
…….. (laps de concertation)……….
Les voici donc, toutes ces contraintes, à vous maintenant révélées :
-Art.1 : « Tu t’appliqueras à placer, dans un texte ridicule, tous les mots extravagants figurant (en fin de ligne) dans le commentaire de Lucullus.
A savoir : camarilla, baraque, chabraque, raïa, érotomaniaque, inerme, éléphantiaque, pachyderme, estomaque, épiderme».
-Art.2 : « Tu constateras, avec tout le dépit que j’imagine, que ce n’est pas de la tarte !… Et que Lucullus devrait user d’un vocabulaire plus ordinaire. »
-Art.3 : « Tu mettras la chose en vers approximatifs en évitant la débauche de clinamens. Si tu le souhaites, ta fabulette restera inintitulée. Tu ne te soucieras pas non plus de l’ordre alphabétique… D’ailleurs, qui s’en soucie ?»
-Art.4 : « Tu ne devras pas céder à la grivoiserie mais faire œuvre pédagogique : le « logo-rallye » invite le randonneur aux anecdotes locales. Et celui-ci souhaite rentrer chez lui béat et fatigué… mais content et enivré de paysages et d’Histoire».
-Art.5 : « Une fois la tâche accomplie, ta bouteille de vodka te réconfortera ».
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Sur les bords du Bosphore,
Certaine sultane rit :
-Tous mes raïasbossent fort,
-Rah! Hïa!*… en nos tanneries.
…
Cette femme si vile et fort chabraque
N’était qu’une vieille peau, sortie d’un claque.
Maqu’relle en sa baraque, elle finit au harem
Du grand Tanamouchi, à l’aise et sans problèmes.
Elle eut, la perfide, toutes les faveurs du pacha,
Ce pachyderme gras, neveu du padischah…
Faut dire qu’aux yeux de cet érotomane,
La donzelle avait bien l’air ottomane.
……………………….
Mais les camarillascachent tout aux souverains
Et Tana, adorateur de son jeu de reins,
Ne sut jamais d’où venait la coquine…
D’où elle tenait « la danse serpentine »**.
………………………….
Las, en ces temps, point encore de latex :
Seul le cuir convenait aux arts du sexe.
Alors toute une industrie naquit au Levant :
Tanneries que jamais on n’avait vues avant.
On y vit les Turcs les plus forts
Y aller de tous leurs efforts :
C’était plaisir à voir tous ces mahométans
Tant soigner les peaux et puis les baigner au tan.
Les épidermes obtenus après traitement
Devaient être tous inermes, bien évidemment,
Car « l’aiguillon du désir se loge dans la tête
Et non dans la peau», vous diront tous les esthètes.
Aussi fallut-il soigner la matière première.
Et vinrent alors, en convois et en bétaillères,
Vaches espagnoles, gnous du Brésil et les faons Tiak ***
Dont on sait toutes les qualités aphrodisiaques.
……
Tant d’efforts d’antan et de soins industrieux,
Maintenant estomaquent le voyageur curieux
D’histoire locale**** : turquoises et lapis-lazuli,
Ni Topkapi ne lui valent le « logo-rallye ».
___________________________
Notes de l’éditeur :
* « Rah! Hïa! », en Turkmanie, exprimait à la fois l’hilarité concupiscente et l’avidité bien comprise.
** Sans doute, comme la Baya, tenait-elle ce talent d’un stage à Tabarin.
*** Le « faon Tiak », me disait encore hier un cryptozoologue fameux – et stabilisé au comptoir du Carafon- est celui, de toute l’engeance cervidée, dont le cuir présenta le plus de qualités attrayantes en matière amoureuse. Hélas, l’espèce est éteinte, m’a-t-il confié.
**** Détail piquant (si l’on peut dire), le tan et le taon se retrouvent aux bords du Bosphore… Même si les Histoires d’O et celle d’Io ne sont pas les mêmes… Cravaches et vaches !
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ouh la la
cette débauche de coms et de lexique alambiqué demande réflexion ;
seule première petite : une bonne dose d’amour est condition sine qua non pour torcher les culs et autres vomis divers et variés.
Sinon, faut appartenir à la sainteté.
TRS m’avez l’air remonté à bloc !
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J’avais raison de ne pas m’inquiéter !
Voici que ToiRos se met “à table” (si je puis dire) : à la table d’écriture. Voici que ToiRos s’inflige un défi, une contrainte d’écriture.
Et gratuitement… Sans aucun espoir de récompense : juste pour le plaisir de dépasser les limites habituelles de son univers lexical, sémantique et syntaxique, qui le cantonne généralement à de lamentables efforts rhétoriques, parsemés de figures convenues et d’aphorismes éculés.
Un acte désintéressé.
Certes, le sport cérébral est moins fatigant que l’exercice physique… mais tellement plus épuisant !
Et quelle satisfaction c’est, au bout du compte, que d’extorquer au langage, quelque affirmation solidement ancrée dans le réel, mais qu’on ne peut exprimer qu’avec un effort de dépaysement vers la Corne d’Or ou le Royaume d’Urartu !
Et… si j’étais un tant soit peu à l’origine de cette vocation nouvelle, j’en tirerais ma propre part de contentement !
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eh bé TRS z’avez un compliment de Wana
vous finirez premier de la classe
pourtant la vulgarité ne vous sied pas
elle, elle a raison comme le pain bon
se nourrir de ronces permet de donner le ton
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>Wana,
Je vous ai lu, un peu plus haut et avec attention.
1. Je ne contesterai pas votre opinion sur « mon expression » : – Je partage votre avis !
Mais elle a tant alimenté mon autodérision, cette expression, et m’a donné tant de satisfactions qu’il me semblerait indélicat de la renier maintenant.
Et les « limites habituelles de [mon] univers lexical » ont, hélas et à jamais, leurs contraintes, celles qui m’interdisent de parler un jour d’une «satisfaction extorquée au langage et solidement ancrée dans le réel, mais qu’on ne pourrait exprimer qu’avec un effort de dépaysement vers la Corne d’Or ou le Royaume d’Urartu ! »
Passées « les limites habituelles », l’ancrage me fait défaut et l’idée de flotter dans un océan d’hébétude m’angoisse.
2. Plus sérieusement et quant aux défis, croyez bien que je ne les ai pas découverts avec vous*.
Il suffisait que la chose soit rapide à exécuter et que j’y trouve une certaine jubilation : verbicrucifier, acrosticher, timbrer, pasticher, rimailler…. et autres fantaisies dont je réglais, en autocrate, les contraintes**.
J’avoue pourtant que je suis insensible aux charmes de l’anagramme***… Mais le goût m’en viendra peut-être un jour.
3. Je vois bien toute l’acerbité qui enrobe votre message et si vous souhaitez ne plus me voir encombrer votre blogue, dites-le moi simplement. Je ne m’incrusterai pas.
D’ici là, soyez assuré que toute ma sympathie vous est conservée… même lorsque je vous vois grognon.
TRS
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* Exceptés le « logo-rallye » (j’ignorais ce terme) et «L’Autoportrait du XXXX » (exercice auquel je me suis livré il y a quelques mois, à votre suite et en solitaire « désintéressé ». Avec aussi un certain plaisir, je l’avoue.)
** A ce propos, et voyez comme « je suis travailleur », me voici en train d’imaginer un jeu littéraire ( à contraintes) que je vous proposerai ( par mail privé, pour ne pas encombrer l’écran de votre blogue) .
Laissez moi quelque temps, celui de peaufiner la chose.
*** La seule anagramme qui m’a épaté et fait sourire date, je crois, des années 60:
« SHEILA = HELAS ! »
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TRS,
En attendant la révélation que vous me promettez (vous avez tout votre temps…), voici quelques réponses “en vrac”.
L’anagramme est un exercice difficile. Bien entendu, à condition qu’on s’impose d’écrire une phrase qui jouisse * d’un minimum de “correction orthographique et syntaxique”.
D’autant plus difficile que l’expression de départ est courte **.
Je vous livre (si ce n’a déjà été fait) ma préférée, qui fut la magique production de mon ami JPS (dans son opuscule “LE PEKINOIS”):
“ALBERT EINSTEIN”
“RIEN N’EST ETABLI”
Comment ne pas reconnaître qu’il y a, derrière les mots, un sens caché… qu’il faut s’efforcer de dénicher !
———–
Je ne doute pas un seul instant que vous avez copieusement copulé avec le langage, pour engendrer les multiples rejetons de votre passion verbivore.
Il suffit d’être assez humble pour n’en exiger pas trop. Mais assez téméraire pour oser (c’est toujours la première fois qu’on est intimidé… !)
Après, après seulement, on entrevoit tout ce que le “principe de base” permet comme variantes… comme avec le Kama Sutra !
Sur le principe des “mots croisés”, Italo Calvino a imaginé “Le château des destins croisés” et en suivant les principes du puzzle, Perec a écrit “La vie mode d’emploi”.
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Si vous avez jugé mon propos trop acerbe, c’est que vous n’étiez pas dans un bon jour ! Votre assiduité, ici, m’est précieuse, parce que j’y trouve un écho, un reflet, un contrepoint concret à certaines de mes élucubrations ***. Je ne suis pas sûr, d’ailleurs, que vous soyez le mieux placé pour réfuter l’idée d’un ancrage dans le réel, même lorsque vous vous lancez dans la fiction des exercices de style: il est salutaire d’avoir des rêves, pourvu qu’on sache maîtriser le réveil.
Alors, ne me privez pas de vos interventions, que je lis comme celle d’un type qui sait de quoi il ne parle pas !
Et… ça en dit long… !
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* Notez que je vous ai mis un double subjonctif, dans cette proposition subordonnée, alors que cela ne s’imposait pas : c’est pour manifester mes dispositions amicales et ne pas froisser vos principes !
** Votre exemple “SHEILA = HELAS” manque furieusement de correctitude (si vous me permettez ce néologisme…)
*** A la différence de Rose et/ou de michèle, qui donnent l’impression de découvrir, plusieurs fois par jour, qu’il va bien falloir redescendre de leur nuage d’adolescente hébétée (le mot est peut être fort, tout de même !).
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Wana,
** Votre exemple « SHEILA = HELAS » manque furieusement de correctitude (si vous me permettez ce néologisme…)
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Sans doute… mais c’est que je l’ai mal transcrit ( je ne sais pas comment mettre accent ou point sur une majuscule) et que vous l’avez plus mal encore recopié.
Les lettres de HELAS ne font pas le compte : il reste le I (avec son point) qu’il suffit de retourner pour en faire le point d’exclamation qui dit tout.
« SHEILA … HELAS ! »
Un peu comme le pouce levé sur un poing fermé montre la satisfaction… et désigne tout autre chose si désormais le pouce est dirigé vers le bas.
Un clinamen visuel en forme de clin d’œil… un « clinàm’œil ».
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(…]donnent l’impression de découvrir, plusieurs fois par jour, qu’il va bien falloir redescendre de leur nuage d’adolescente hébétée
je ne cherche à convaincre personne ; un, quatorze ans, va construire un nuage et un bonhomme dessus qui est lui et y adjoindre son autoportrait et sa dose d’oulipo.
Moi, non. Je suis qui je suis et je m’aime bien telle quelle. Sans nuances, ni concessions. Je ne me sens pas pour un poil une adolescente ni attardée, ni hébétée et pas plus une adulescente, moins même.
Où que j’aille, et je voyage désormais seule, parfois avec mon chien s’il y a montagnes à gravir, parfois sans, s’il y a capitale à découvrir, je suis et silencieuse et bavarde. Qui que je sois, des gens viennent vers moi ; des jeunes, des vieux, une enfant de quatre ans et demie dernièrement. Et me parlent.
Je vis de grands bonheurs et de grands chagrins aussi.
Même si je publie, ailleurs, des liens avec des femmes qui ont la moitié de mon âge, je suis grandement consciente du double que j’ai et le porte bien, et l’assume.
À de jeunes gens à qui j’exprimais mon désir de voyager en achetant un âne, pour porter mon bât, et pouvoir ainsi faire des boucles et non de simples allers-retours – je n’ai strictement aucun désir masochiste et porter de lourdes charges ne m’apporte nulle satisfaction, j’ai déclenché une réponse qui m’a ébahie ; ils m’ont dit “pourquoi pas un mari ?”
Devant mon silence obtus ont insisté.
Où que j’aille on veut ne pas me faire vivre seule.
L’image que tu me colles d’adolescente hébétée collée sur son nuage ne me convient pas.
Un point c’est tout.
Et quand tu m’as rencontrée, le recul, physique, que tu as marqué en me voyant, a fortement témoigné que la femme qui était en face de toi était tout sauf une adolescente hébétée tanquée sur son nuage.
D’ailleurs, à l’aune de ton recul, physique, j’ai mesuré l’ampleur de mon chagrin.
Et me suis pensé, in petto, tiens ça se voit.
Mais s’il faut s’absenter de ce blog et des rares autres qui m’hébergent, j’en suis capable.
L’autarcie, je suis douée.
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Rose, Rose,
Ne désertez pas le Wanistan. Si dans ce blogue ne restaient que quelques ânes mal bâtés (dont votre serviteur), ce serait bien triste.
Allez, une p’tite chanson, qui vous fera toucher du doigt combien le mâle lambda et univoque peut être désarmé devant la complexité féminine :
« Y a des fill’s à papa maman
au coeur dur comme du diamant
des fill’s en argent, fill’s à fric
du genr’ safaris en Afrique
Y a cell’s qui tapent sur les nerfs
les violent’s et les sanguinaires…
En tennis ou talons-aiguilles
Y a des filles…
Y a les douc’s, les foll’s, les timides
les fausses stars, les vraies perfides
les Manon Lescaut, les pervenches
qui font de l’œil, roulent des hanches
Y en a des drôles, des sévères
des qui vous prennent à revers…
En tennis ou talons-aiguilles
Y a des filles…
Y a les fill’s de joie et de peine
cell’s qui plongent dans la Seine
cell’s auxquell’s on n’ dit jamais Tu
les têtues et les fill’s qu’on tue
Y a les ci-devant, les Jocondes
les fill’s du vent, les femm’s du monde…
En tennis ou talons-aiguilles
Y a des filles…
Y a des fill’s de soie, de chiffon
qui survienn’nt, s’en vont, se défont
cell’s qui voudraient qu’on meure pour elles
Y a des fill’s au regard cruel
qu’on install’ sur un piedestal
Y a des fill’s au regard fatal…
En tennis ou talons-aiguilles
Y a des filles »
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merci lucullus
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Rose,
Lucullus a raison quand il vous encourage
A rester si fidèle à l’auberge de Wana.
Vos propos juvéniles, teints de rose incarnat,
Sont un bouquet fleuri parmi tant de verbiages….
Et puis, si l’âne vous manque, au gré de vos voyages,
Je sais un Modestin, là-bas, chez Steeve Henson :
Une bête admirable, serviable comme personne,
Qui suivra vos errances, telle chameau d’un Roi mage.
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–….qu’il va bien falloir redescendre de leur nuage d’adolescente hébétée (le mot est peut être fort, tout de même !). Wanatoctoumi | le 07 juin 2011 à 13:08-–
Non, nnnnon! Pas trop fort, juste en plein dans le mille. Et MILLE mercis , Wana, pour cette acuité de perception.
– je ne sais pas comment mettre accent ou point sur une majuscule)TRS | le 07 juin 2011 à 16:20-– M’enfin y a des codes simples !!! Exemples alt+0192 = À et alt+0252 = ü et alt+0217 = Ù, et ainsi de suite…. 😆
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Voici les questions que la marquise Rose de Merteuil ne devrait pas manquer de poser au vicomte* de Valmont-Poulos :
Lequel y répondra incontinent, sans mésuser de l’emploi du conditionnel, et protestant de sa bonne volonté :
« Si je balance à vous les offrir…» Menteur, va ! Mais avec quelle élégance.
* In partibus.
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dans cette lettre lucullus j’aime in partibus
rasta j’ai tranché il sera privé trois semaines de douceurs jusqu’à ce qu’il me dise ma mie mi quand est-ce qu’on se réconcilie à quoi je répondrai mais je suis pas fâchée il se retrouvera gros jean comme devant voui.
Le cas de wana est plus grave je suis prête à me fâcher je n’accepte pas le “hébétée” mais pas du tout tout le reste je m’en fous même d’aimer plus que d’être aimée ; c’est pas grave du tout.
Je suis prête à le virer comme témoin.
J’ai rencontré mon petit suisse préféré aujourd’hui à la librairie de 110 000 bouquins – le mec est fou qui la possède – je lui ai offert un opuscule que j’ai pas choisi moi, qui s’appelle ” et si tu osais non ? ” puis je l’ai fait grimper sur une marche et j’ai exigé une bise ce à quoi il a obtempéré sans moufter ; ensuite la nuit d’avant j’ai rêvé étrangement que je n’avais qu’une chaussure à mon pied et tout le reste du rêve et de la nuit j’ai pas retrouvé la seconde grolle, c’était hyper inconfortable.
Tout ça c’est mauvais signe.
Vous êtes encore deux contre moi. Trois si je rajoute le petit suisse.
Je cèderai pas sur ce coup-là, voilà.
Moi jamais je vous dis que vous êtes complètement zinzins avec vos jeux de gamins, alors je vois pas pourquoi vous vous réconciliez sur mon dos.
Je suis prise comme une tête de turc.
Et ben non.
Injuste c’est.
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“Le cas de wana est plus grave je suis prête à me fâcher je n’accepte pas le « hébétée » mais pas du tout…”
C’est quoi c’t embrouille ?
C’est vrai que le mot “hébêté” a une connotation très péjorative, dans son sens classique… mais plus dans son emploi courant.
Je l’ai indiqué aussitôt que je l’ai utilisé.
Mais, au fond, prendre ses rêves pour des morceaux de réalité, c’est tout de même se complaire dans l’illusion…
Même s’il est pénible de se confronter aux vicissitudes de la vie de tous les jours (et le Ciel m’est témoin que j’ai moi aussi mon lot de désagréments qui me rappellent quotidiennement que j’ai passé 60 ans… et ce n’est plus aussi confortable que quand j’en avais 30 !), il faut savoir faire le “break” : une fois réveillé, le rêve est terminé !
En aurai-je croisé des vestales dépenaillées, des odalisques alanguies, des lionnes agressives et de tarentules entreprenantes, dans mes rêves… ! Il reste que, le matin, il faut remettre la main sur mes lunettes… retrouver les pantoufles du bout du pied… et aller “vite fait” pisser un coup sans tarder… : ça finit de me réveiller !
Alors, Rose, crois-moi ! Je ne suis pas le genre de mec à fantasmer sur un joli cul ou une paire de loloches aperçues en déambulant sur le trottoir (oserai-je dire que j’ai ce qu’il faut à la maison ?) : j’ai épuisé tous les scénarios de ce genre en lisant tous les numéros de Nous Deux, chez ma grand mère, quand j’étais enfant. C’est ce qui fait, d’ailleurs, que je n’ai plus regardé un seul épisode de “soap opera” à la télé depuis fort longtemps… et même, de ces séries policières débiles où il faut systématiquement que la commissaire chargée de l’enquête, découvre que l’ami d’enfance du cousin de sa vieille tante est impliqué dans le meurtre… ou bien que son ex-petit ami a passé la soirée avant-hier, avec la fille de joie assassinée hier… et qu’elle découvre l’assassin en feuilletant l’album de famille !
Y a pas de miracle… y a que des emmerdement plus ou moins supportables…
Et quand, en plus, c’est Sarkozy qui dirige le pays, on a le droit de se dire que c’est la merde complète… et vivement que je me fasse oublier de ce monde de givrés : ils ne m’ont pas mérité !
———————–
Bon !
Guillaume (mon deuxième fils) est installé au Rastanistan pour une paire d’années, depuis un mois.
Et Maxine, la dernière née de la famille (chez mon premier fils) aura 1 an dans quelques heures.
Tout ça me ramène à de bien concrètes préoccupations et responsabilités : il faut durer, malgré tout !
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c’est pas une embrouille
le hébétée sans accent circonflexe est hyper-péjoratif et restait en travers de la glotte inavalable
je sais que savoir assumer le quotidien en étant conscient de son cor au pied c’est un cadeau
moi je sais pas
mais je vieillis aussi et bizarrement j’aime assez ça, contrairement à la doxa populaire
je ne suis jamais assommée par les évènements mais je les regarde avec curiosité
et quand un qui m’a fait chi-er un sommet avec neuf autres aussi déjantés que lui, me rencontre un an après et me saute au cou pour m’embrasser alors qu’il mesure deux mètres de haut et est sec comme un échalas sans gras, je me dit in petto tiens il est affectueux alors qu’il a tenté de me déboulonner et que je ne me suis pas laissée faire. Donc jer lui ai transmis quelque chose mais quoi, en fait ?
T’as des gens comme ça, s’ils ont pas la foi du charbonnier, qui parfois leur demande un gros effort, allez courage ma belle, vas-y fonce, ne peuvent pas se lever le matin et faire leur taf.
Mais ceux-là ils sont pareils que toi, et aussi découragés mais ils serrent les dents et rêvent le soleil, leur ramsès, à eux ; à deux on est moins découragés que tout seul. C’est bête mais c’est comme ça.
Bonne journée Wana, aujourd’hui je vais marcher dans les gorges du Verdon. avec une lampe de poche toute petite mais qui éclaire et un maillot de bain pour me baquer.
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mais ces gens-là faut arrêter de les croire bêtes ils savent que leur ramsès est aussi avec ses cors aux pieds et que la matin il s elève pour pisser
de toutes façons, moi, jamais tu m’empêcheras de croire aux miracles. C’est pas parce que j’ai pas pu partir à Turin à cause du ciné-club et des 66 gosses présents que je vais devenir impie.
Et je ne suis pas hébétée.
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En aurai-je croisé des vestales dépenaillées, des odalisques alanguies, des lionnes agressives et de tarentules entreprenantes
hé hé !
hé bé !
té, peuchère !
Et bon anniversaire à Maxine (qui ne saura pas avant longtemps de quel grand-père fripon elle a hérité).
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J’ai rencontré mon petit Suisse préféré aujourd’hui à la librairie de 110 000 bouquins — le mec est fou qui la possède
Rose,
S’agirait-il de la librairie Le Bleuet, à Banon, dans les Alpes de Haute-Provence ?
J’espère justement aller y faire un tour pas plus tard que d’ici une quinzaine de jours ; on m’a dit que le village — ainsi que les alentours — était très agréable.
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> Lucullus,
Allez à Banon, si vous le souhaitez…
Je vous confirme que les « alentours » de cette localité sont les plus agréables qui soient… et dépassent en charmes tous ses environs, sans oublier de faire honte à sa proximité.
….
J’excepte, bien entendu et dans ces considértions paysagères, la Montagne de Lure … et tous les simples qu’elle dispense à volonté et à bas prix…
Tandis que le banon, inexorable produit local, voué aux touristes inavertis, exorbite par son prix et sa médiocrité fromagère.
Allez-y aussi pour sa librairie, si accessoirement elle vous tente…
Mais n’y allez surtout pas pour son fromage touristique, cette ignoble « chose lactée » dont l’insipidité est masquée par l’outrage que lui fait une feuille de châtaignier… Ou deux feuilles, s’il le faut : la chose s’est vue, coûteuse mais peu goûteuse…
_________________________
Autres Choses vues………
( Extrait : TRS et la serveuse du resto, à Banon et à l’heure du plateau de fromages…)
…………………………….
–
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Merci, TRS*,
Je suivrai votre conseil.
Mais pourquoi cette réticence à propos du reblochon ?
Il n’est fromage plus divin, sauf peut-être le vacherin.
* Toujours partisan de la politique de la
cbannonière ?LikeLike
ouaip Le bleuet.
J’aime y aller parfois, rarement ; j’en ressors toujours fauchée. Là j’ai choisi cinq bouquins j’en ai reposé quatre ( dont Catulle ) et j’ai gardé d’Allen Weiss Autobiographie dans un chou farci. Et rajouté le tout petit à la caisse à cause de l’anniversaire.
Je me questionne sur ce succès. Il a dit à un qu’il allait rajouter mille mètres carrés ailleurs. Il n’est pas aimé dans le pays. Parce qu’il rachète au pilon, qu’il est dur en affaires, et que je crois qu’il n’y connait rien en bouquins ; j’en sais rien et je m’en moque. Ce que j’aime dans le lieu c’est le dédale : je crois que là est la clé du plaisir que les gens éprouvent à y aller parce que dedans c’est comme Istanbul, le souk, un fourbi de première et on trouve toujours quelque chose qu’on n’est pas venu chercher oui c’est Byzance.
J’espère vivement que vous n’allez pas trouver cela nul.
Sur le fromage je vous dirai après, je dois bosser.
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> Lucullus, hier à 6h28,
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– Où donc me voyez-vous rétif au reblochon ?…
Lui et moi, sachez-le, sommes copains comme cochons.
Et mes goûts fromagers, tolérants, farandolent
Du tendre chaource au crottin de Chavignol,
De la tomme montagnarde au meilleur des ramequins…
Parmi tous ces danseurs, je n’en oublie aucun !
Qu’il soit de lait pasteurisé ou de lait cru,
Chacun a mes faveurs…et même le Trou du Cru*.
……
Et lorsque, de cette ronde française, me voici las,
Je me console avec un vieux gorgonzola…
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Telles sont mes mœurs, Lucullus, héritées d’une vieille mère normande qui faisait son fromage et barattait sa crème pour mettre un peu de beurre sur mes tartines d’enfançon. Aux années indigentes d’après-guerre…
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* J’hésite toujours sur les majuscules (ou leur absence) quant aux noms de fromages. S’il faut me corriger, faites-le… et sans pitié.
Par contre, je n’hésite jamais sur le banon.
Même si j’ai vu bien des gens estimables en consommer, en survivant à cette épreuve ….et même, pour d’aucun(s), dire s’en délecter, mon avis est définitif : – Ce fromage ne me va pas et je trouve prétentieuse -et d’un pittoresque lamentable- la feuille qui l’emballe… sans m’emballer, vous l’aurez compris.
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Rose,
Tant mieux si le « Bleuet » est un souk où l’on se perd, comme je me suis d’ailleurs perdu dans les multiples allées du grand Bazar d’Istanbul.
En revanche, je ne pense pas qu’à Banon, des vendeurs vous tirent par la manche tous les deux mètres, prêts à vous écarteler dans leur fureur mercantile pour se disputer votre clientèle, ce qui enlève beaucoup de charme aux chalandages exotiques.
TRS,
Comme les vins, les fromages ne se haussent pas du col avec des particules, non plus qu’avec des majuscules. Sauf le (B)banon, peut-être, mais puisque vous insinuez qu’il ne s’agit pas d’un fromage…
(P.S. Je vois que votre génitrice — tout comme ma Savoyarde de mère — devait elle aussi méconnaître les vertus de la cuisine à l’huile. Que celui préfère l’aïoli au beurre blanc leur jette la première pierre.)
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Des vendeurs, grosso modo il n’y en a qu’à la caisse, quelques-uns s’ils sont là, rangent dans les rayons. Personne ne vous fera aucun bagout. Derrière la caisse au fond à gauche passé le mur, la poésie, le théâtre au milieu à droite entre divers trucs ; dans le même corps d’habitation ( c’est une maison ancienne ) au-dessus de la poésie la littérature, collection pages blanches de Gallimard etc. au dessus, escalier en colimaçon livres d’art. La grammaire, la SF, les BD et le reste je vous laisse. C’est ouvert sept jours sur sept.
Il y a des endroits où je ne suis jamais allée.
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sur le fromage, je peux pas me battre, mais je le voudrai bien (d’ailleurs point de majuscule du tout, ce qui change le sexe de la chèvre car on dit du chèvre hé, hé, et tchac ) ; c’est une histoire de stabulation : quand après un hiver dépressif parce que le soleil n’entre pas dans certaines étables à Saint Gingolf et en d’autres lieux plats, les vaches montent à l’estive et qu’on leur colle de grosses cloches qui tintinnabulent gaiement, on ne peut pas les conduire en haut d’entrée.
Donc on les laisse en bas, enfin au plus bas, vers 1400 mètres. Puis lentement au fur et à mesure que les prairies couvertes de fleurs des champs sont consommées goûlument, le vacvher les fait monter. Dernière étape 2000 mètres, déjà là elles ont l’ivresse des sommets. Au retour à la fin de l’été elles redescendent tranquillou, et refont quelques pauses à 1400, prendre des forces et du soleil avant l’hiver terrible qui les attend. Elles se ré acclimatent et schplaf retoiur à l’étable morose.
Que voulez-vous faire comme concurrence à des fromages pareils ? Le goût vient de la pâture, pas de la vache en elle-même.
Sur le banon, j’argumenterai ensuite.
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Le Bleuet est bien tel que Rose l’a décrit.
Un lieu bourré où l’on s’oriente avec difficulté sur 3 niveaux.
On aimerait bien y trouver un vendeur quelquefois, ne serait-ce que pour s’y retrouver dans cette Tour de Babel qu’on escalade en tournicotant dans les étroits escaliers en colimaçon.
Au bout d’un moment, l’abondance des volumes, l’exiguïté des lieux et la foule qui s’y presse finissent par oppresser et on se sent soudain comme Stendhal à Florence. La tête vous tourne et les jambes flageolent.
Je n’en suis pas sorti, cependant, sans quelques livres en poche, notamment un ouvrage sur la Rome des XII-XIVème s, une époque en général négligée sur le plan historique. De Delteil, malheureusement, je n’y ai pas trouvé la fameuse Jeanne chère à TRS, dont on m’a dit qu’elle n’était plus ré-éditée*. Par contre, son Jésus II — que j’ai choisi faute de mieux — est peut-être de la même veine.
Sur le banon, je n’ai rien à dire, n’ayant pas eu l’heur d’y goûter. En revanche, je sais désormais tout, tout, tout sur la lavande. Notamment qu’on l’utilisait pour se prémunir de la peste au Moyen-Âge, en en garnissant ces longs nez croquignolets que d’autres, d’un tempérament plus rustique sans doute, emplissaient d’ail.
* Formulation un peu équivoque, certes.
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