Véronique Maurus, la médiatrice, celle qui prend soin de partager les segments en leur “juste” milieu… : segments de reproches ou segments de satisfécits; morceaux choisis des lettres (soignées) de lecteurs sur “papier” ou quelquefois des messages (bâclés) d’internautes furibonds; celle qui a pour mission de délimiter l’espace de la libre expression de part et d’autre du dioptre, aussi peu déformant que possible, de la raison…; celle dont la fonction est de ralentir les réactions d’échauffement, comme de tempérer les explosions d’exubérance; Véronique Maurus (à qui je dois reconnaissance pour m’avoir répondu personnellement à propos de l’usage du mot “subprime”, auquel elle proposait de substituer la circonvolution = “prêt au-dessous de la première qualité” ), a écrit sa dernière chronique du courrier des lecteurs.
Après les adieux d’Eric Fottorino, dans un message d’où s’échappait une bouffée d’amertume radioactive…, ceux de Robert Solé, qui nous gratifiait, le 1er mars, d’un dernier “rog” * en forme de panache, Véronique Maurus nous tire sa révérence, avec quelques jours d’avance (dépêchez-vous : il ne vous reste que deux ou trois jours pour “l’incendier”, si c’était votre intention.)
Tout cela ne nous autorise pas, bien sûr, à disserter sur une quelconque tectonique des “marbres”…
Mais, le lecteur fidèle peut tout de même s’interroger sur la nature de cette alchimie de la “fusion”, entre une équipe de rédaction en place et une équipe de direction nouvelle, dont on nous avait assuré que, au delà de la simple osmose, la diversité de leurs métiers garantissait l’étanchéïté de leurs caissons de résonnance (et de raisonnance) respectifs.
— Wana — 13/03/2011 —
* rog = point d’interrogation, en langage des typographes
>Wana bonjour
je ne la connais pas V. Maurrus ce qui évitera fort heureusement tout jugement péremptoire. J’ai lu son billet, discret, pudique entièrement tourné vers le départ de R. Solé. Belle dignité.
Voilà : reviennent en blog les termes de dégraissage, de placard, d’injustice, de douleur et surtout d’intense solitude.
J’espère pour elle qu’elle a la chance d’aimer et d’être aimée, sinon ce sera une descente aux enfers dont on ne sait si on va remonter.
Dernier point : la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui, en terme de travail, c’est horrible, une sauvagerie sans pareille et ça ne va pas aller en s’éméliorant : les femmes là-dedans ne sont pas les dernières à jouer des rôles dégueulasses.
Avant on allait au charbon on savait le sens de la locution maintenant ce n’est pas mieux. Et certains ont des barres à mine et n’hésitent pas l’amoncellement de cadavres.
Je lui souhaite une réadaptation à sa nouvelle vie avec de bons moments.
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reviennent en bloc grrr
en s’améliorant
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Rose,
Même si on peut regretter le départ de cette dame, elle vit un drame malgré tout bien moindre qu’une ouvrièr(e) virée après 20 ans de bons et loyaux services, et qui, à 50 balais, n’aura plus aucune chance de retrouver du travail.
Alors, ne poussez pas le bouchon trop loin !
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… ouvrière tout court.
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Lucullus
je conçois que la misère économique c’est grave, mais ne plus avoir de boulot c’est grave aussi, même si on ne frôle pas la misère économique, non ? Ou alors faut avoir un pont d’or en partant ce qui n’est pas systématiquement le cas, il me semble. Mais je conçois aussi que pour un jeune débutant cela soit grave aussi.
Enfin, y’a pas que l’aspect financier, il y a aussi l’insertion dans la société.
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Mais si j’ai bien compris, (mais peut-être pas) Véronique Maurus, tout comme Robert Solé, a décidé, elle-même de partir en faisant jouer la clause dite “de cession” prévue par une loi votée (à l’unanimité) en 1935, afin de protéger la liberté de la presse. Elle permet à tout journaliste de quitter son entreprise après un changement significatif du capital, en bénéficiant des conditions d’un licenciement.
Si on peut regretter son départ, il me semble beaucoup plus difficile de la plaindre !
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Oui, zerbinette.
D’ailleurs, je ne la plains pas.
Je m’interroge cependant sur le fait que, des gens dont “la raison de vivre” a été le journalisme et l’écriture, décident de tirer le rideau.
Pour moi, l’âme d’Hubert Beuve-Mery et de Jean Fontaine sera bientôt pendue au”clou” chez “ma tante” : au=x “objets trouvés” !
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