J’ai bien lu votre énoncé, en forme d’invitation… Ce matin, et je suis « du matin », comme vous savez, vous qui errez si souvent en noctambule.
Docile, je me suis plié aux contraintes qu’il impose, cet énoncé implacable.
Mais mon goût actuel du masochisme en a ajouté d’autres : la rime… et l’émotion.
C’est bien mortifère, je sais, mais comment échapper à l’addiction musicale de la rime et à la « grandiosité » des sentiments. En ce bas monde, la grandeur des choses s’estime et se paie au prix de la sueur, du sang et des larmes. On le sait.
L’Oulipo et ses potes, négligents, se contentent de la sueur… Celle qui inonde le front du comptable méticuleux, armé ou non d’un gématron… C’est très restrictif et ne convient pas à celui qui souhaite équilibrer les plaisirs de l’intellect (qui numérote)… et ceux des tripes, celles qui nous apportent de si basses satisfactions : contentement, gloutonnerie et plaisir, drame et émotion, rythme et musique.
______________
Trêve de considérations, voici donc mon ouvrage du matin. J’espère avoir bien compté* lettres et espaces (qui ne comptent pas… ou si peu) :
Un discours
Très court?
L’ épitaphe
Minigraphe.
Sur ta dalle
Si tombale,
Nous irons,
Y écrirons:
Anne-Marie
Ô bien aimée
Et qui gis là
Ô m’y voilà,
Si désarmé
Et si marri.
… Moi ton mari**
________________
* J’ai décidé qu’« Anne-Marie », neuf lettres et un trait d’union, vaut pour 10.
Et, par la vertu accommodante du clinamen, les autres signes de ponctuation, l’apostrophe, le « deux-points », la virgule… etc. valent aussi pour 1, dans le décompte. Ou à peu près.
** La signature n’est pas à prendre en « compte »… Juste le plaisir futile de l’allitération facile.
__________________
Pour l’anecdote et mes biographes futurs :
«Anne-Marie» était bien le prénom de mon épouse. Elle m’a quitté le 20 janvier dernier et fut inhumée quatre jours plus tard.
Merci, Wana, de m’épargner toutes condoléances : j’en suis inondé, elles débordent de mes tiroirs à souvenirs. Et je ne sais plus où les ranger…
attribuer in petto le patronyme choisi par mes soins diligents à votre pire ennemi
déclamer d’une voix de stentor
dans sa salle de bains ou aillleurs
en brandissant un poing levé rageur vers le miroir ou le plafonnier
secouer la tête énergiquement
être déterminé
y croire
fulminer
puis être heureux
rire
chantonner ou siffloter au choix (je vous le laisse à votre entière convenance)
bichonner votre aimée
dormir paisiblement
J’ai écrit ces quatorze lignes parce qu’un abonné de twitter (@centquarante) a décidé de ne publier que des textes courts d’exactement cent quarante signes espaces compris.
Je me suis donné la liberté supplémentaire de ne pas inclure les espaces
Je n’avais pas tenté de faire rimer mon modèle… mais je dois avouer que les réalisations qui précèdent me surprennent et m’enchantent.
Et ce n’est pas une mince émotion que d’avoir, du coup, inspiré le poème de ToiRoS.
Et puisque ni Wana ni son compère Pangloss n’ont encore balancé quelque vacherie à l’encontre du Rastaquouère®, c’est moi qui m’y colle. En vers et contre tout.
“La goétie * de mon Teigneux”, tel pourrait être le titre de ma bluette.
Triste sire,
Sarko le Fol,
de son cirre,
il t’encolle.
Sans rougir,
ses zélotes
– tous vizirs –
gringotent
Zerb et vous, Lucullus , vos essais sont charmants.
Des bluettes, vous dites ? -Quand l’heure est à la révolte !
De Tunisie, d’Egypte, le peuple va clamant !
A ouïr vos simagrées, je vais sortir mon colt !
…
Je bous à voir encore ce Wana stipulant,
Sur son trône bien assis, des règles de despote…
-Ah, quand viendra le temps, le temps étincelant
Où, pendus haut et court, seront les Oulipotes?
____________________
Avant de dégainer, avant l’irréparable, avant l’hémoglobine qui inonde et la strangulation définitive,… par l’effet d’une clémence trop magnanime, voici 140 lettres alignées.
En guise d’avertissement.
Complainte et lamentations en forme de sonnet étriqué disant toute la colère qui gronde parmi un peuple que l’arbitraire le plus tyrannique accable.
Tandis qu’à
Copacabana
Ricane Wana,
Nous y’a qu’à
Compter, las :
– Par dix ?- ça va !
Et ça jusqu’à
Onze et trois…
Je retire ma remarque.
J’ai cherché un peu et mon écran plat – qui vous est si complaisant ce matin- me dit qu’il semble exister une variante à un seul « T ».
Et donc, par goût de la nouveauté, sous ma prochaine douche, je gringoTerai …
Quelle émotion !… celle de la découverte.
Quel pinailleur vous faites.
Que peut-il vous chaloir que les gringos ne gringotent qu’avec un seul T, ou que les pies pillant les papayes piaillent avec une ou deux L ?
Vous que la moindre allitération fait saliver, vous auriez mieux fait de saluer cet alexandrin (de circonstance) :
« Et religieusement la mirent dans la myrrhe ».
c’est moi
comment ?
c’est l’élan du coeur
et tout le paradoxe de la contrainte oulipienne qui amène à la liberté, jouissive comme dans le jardin botanique à la fin de l’été où les mots se bousculent et arrivent en alexandrins comme ça ; t’a juste à compter vérifier et après tu comptes presque plus parce qu’ils se rangent seuls chacun sa place dans la limousine du poème
c’est pareil que l’amour c’est l’élan du coeur la poésie
mais l’oulipo jouerait le rôle du démarreur de la mise en route surtout si la machine est grippée rouillée calanche
hoquette (comme ma chaudière quoi)
wana rasta eron2FOI pierre henri bises à vous tous
Je ne sais pas pourquoi – et sans doute serai-je à côté de la plaque – mais vos Erythrées somnolant(es) me font penser à certains tableaux de Dali.
Peut-être celui-ci :
1. J’avais entendu le « mirent…/…myrrhe ». Sans être vraiment épaté. Prononcez-le, ce vers, et votre oreille* vous dira comme c’est lourd et facile, et… attendu.
2. Par contre, un peu plus loin, l’enchevêtrement habile des V et des Ch , des L avec les R me convient mieux. Articulez le passage et voyez si votre oreille en est aussi ravie que la mienne.
…………………………….ils les revirent
Sur leurs chevaux ailés, la chevelure au vent,
Les ailes ………
Si la chose est de Rose, j’en suis « tout chose ». Et bien agréablement surpris.
3. Vous avez raison. Peu me “chaut” que la pie pine ailleurs, en pinailleuse, et que cette canaille aille et piaille sans toutes ses L. Elle qui jacasse, agasse et jase. D’ordinaire.
Seul me « chaut » le pipit farlouse, tandis qu’à l’heure du thé il turlute avec un seul T.
Et qu’à l’heure de la douche, il m’accompagne, fidèle et accordé au la 442, en un duo zoologique, harmonique et hygiénique, alors que je « gringoTe » en économe.
____________________
* La mienne est très enthousiaste à mes vers de mirliton (et aux vôtres) et plus sévère ailleurs, quand le genre se veut noble… ou lyrique.
► lucullus: bien vu, le tableau !
► rose : “…la contrainte oulipienne qui amène à la liberté, jouissive …” et “…et après tu comptes presque plus parce qu’ils se rangent seuls chacun sa place …” c’est vrai et c’est bien dit !
► lucullus : merci j’ai découvert le verbe “gringotter”
► TRS : j’ai tenté, avec une ambition modeste, d’accompagner la révolte des opprimés, par l’invocation de puissances divines dans mes anagrammes. Ce n’est pas moi qui oserais, ensuite, imposer des normes…
Je partage volontiers votre goût de la rime et de la musicalité (à défaut de pouvoir partager, pour cette fois, une émotion qui vous est propre et que je respecte ).
J’avais même commencé à écrire sur ce blog, par un premier texte assez formel, où je dis tout ce que j’attends de la rime (voir, en haut à gauche, la page “Profession deux fois“, un jeu d’acrostiche que j’ai retravaillé encore récemment)
Je connais deux “Copacabana”: la plage de Rio où, le 19 juillet 1994, au milieu d’une foule exubérante, j’ai acheté à mes deux fils les premières copies du maillot de l’équipe de foot du Brésil, orné de sa quatrième étoile, conquise deux jours auparavant, aux États Unis (il en a gagné une cinquième, depuis).
Et aussi, la petite ville de Bolivie située au bord du lac Titicaca, d’où l’on embarque, venant de Puno au Pérou, en direction de La Isla del Sol , puis de Tihuanaco et La Paz.
Si “le populo” n’a pas ma peau… si j’ai du pot et si je ne suis pas étrillé par les impôts, je recommencerai ce périple.
merci TRS (oui c’est moi) et Wana (bonsoir, j’aime bcp quand l’alexandrin s’invite et vient en bouche rimer, avec allégresse)
>lucullus j’ai été abalobée par votre toile ; de prime abord, je l’ai trouvée terrifiante mais j’ai relu mon poème, elle l’illustre fort bien. Dans mon imaginaire, je voyais un tableau coloré avec une superbe chevauchée des femmes demi-nues à la chevelure éparse, fuyant, groupées.
Beaucoup de couleurs des jaunes des verts, des orangées des rouges pour les femmes et les hommes en noir minces guerriers austères grands ; un jour, si je trouve, je vous le dirai.
Pas du tout ce blanc crème qui m’a un peu, euh, fait bizarre. Et ces corps qui se dominent et s’estrangoulent. Mais en le revoyant et bien non je ne trouve pas que vous soyiez à côté de la plaque car, de fait, cette violence là qu’il y a dans ce tableau de Dali est dans mon poème ; les seins tranchés, les têtes décapitées, les troncs épars.
Je voudrai juste vous rassurer, après avoir écrit cela d’un jet, le terme élan est celui qui me convient, je suis gaie, pas triste du tout, allégée, paisible.
Enfin, pour moi je tiens à vous le dire ce poème est d’amour.
J’espère ne pas vous choquer.
Je veux dire si vous me voyez avec un cimeterre à la main guettant la vengeance et la douleur d’une main de maîtresse-femme et ben vous n’y êtes pas.
Je tenais aussi à vous dire que mirent pour moi était à double sens, du miroir, se mirer à mettre au passé simple ; les mots à double entendement me fascinent.
Il l’a louée.
Elle l’a embarqué.
Mais vous savez, si vous ne comprenez pas, je ne me fâcherai pas.
Ceci dit ces mots là m’appartiennent et je ne les renie pas : ils sont miens.
1. Bravo donc pour votre sonnet : il a des accents qui me conviennent et, vous fréquentant depuis peu, j’étais habitué à votre expression ordinaire et disons… un peu « exotique», un peu «marseillaise» me disait, je crois, Wana.
Je suis rassuré.
2. Lucullus (vous savez, celui qui vous chipote un accord au féminin de vos «Erythrées»), me trouvera sans doute encore un peu pinailleur.
Il aura raison: Lucullus a toujours raison et connaît tout de l’économie des T. C’est dire sa sagesse.
– Pinaillage N°1
« …leurs seins furent tranchés,…Têtes décapitées… »
Pinaillage N°2
Vous évoquez, chère Rose, le double sens de “mirent”.
Au premier degré, sans doute le verbe «mettre» au passé simple, comme la conjugaison, la syntaxe et le sens le voudraient.
……………………….la sève recueillirent
Et religieusement la mirent dans la myrrhe
Sans doute pour des propriétés supposées de conservation « thanatopratiques ». Faute de formol ou de congélateur disponibles, gardons-la dans la myrrhe, cette sève. A titre de relique.
____________
Au second degré, dites-vous, il s’agirait du verbe « mirer ». Je vous cite :
« …Je tenais aussi à vous dire que «mirent», pour moi, était à double sens : du miroir, se mirer à mettre au passé simple ; les mots à double entendement me fascinent… »
A ceci près que cette myrrhe, comme tant d’autres sèves et résines ( celle du térébinthe, le copal, la colophane et autres exsudats botaniques) n’a guère de vertus réfléchissantes ou de transparence*.
A ceci près aussi, qu’au passé simple, le verbe «mirer » a coutume de faire «mirèrent».
_______________________
A vous relire ce matin, avec une attention nouvelle, je découvre toute la salacité de votre texte… et une consonance qui m’avait échappé :
…………………..reins fièrement cambrés
leurs hanches doucement pour y déambuler
s’ARQuent au cARQquois puissant, par le seigneur dressé
…
Le carquois, ustensile de forme si phallique, est souvent muni de plusieurs flèches. Il permet donc de tirer bien des coups.
Et, dans le carnage que vous évoquez, Rose lubrique, le «seigneur saigneur», dressé et turgescent, y trouvera son compte…Heureux homme !
Et pour homologuer la chose, prions Wana de requérir Geff et son gématron… Qu’il n’oublie pas aussi son « gemme à troncs »… pour la myrrhe et autres substances poisseuses.
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* A noter que beaucoup d’exsudats résineux, par l’effet de la chimie, ont su trouver une application en peinture et une transparence acquise : on les retrouve dans les vernis, dans la térébenthine et autres substances disponibles chez les marchands de matériel et matériaux pour les beaux-arts.
Vos massacreurs d’Erythrées étaient sans doute équipés d’armes tranchantes, bien affûtées. Je les imagine mal avec cornues et fournitures adaptées à la chimie pratique en temps de carnages.
Le “pinaillage N°1” a été bien amputé… Je tente de le recoller:
– Pinaillage N°1
« …leurs seins furent tranchés,…Têtes décapitées… »
Techniquement, bien que la chose soit peu ragoûtante, il est possible de trancher un sein. Sauf celui de Jane Birkin. Il s’y refuse.
S’agissant de la décapitation – l’action de séparer subitement la tête d’un individu d’avec le reste de sa constitution – c’est plus délicat, tel que vous en parlez.
Celui qui se trouve décapité a perdu la tête. Est-ce qu’une tête anatomique peut être décapitée ?…
-Oui, et très éventuellement… si elle est décalottée. Avec une habileté étonnante.
Sans vouloir être tranchant, je remarque que nombreux sont ceux qui évoquent – sur le fil de la plume plutôt que sur celui de l’épée – des têtes décapitées.
J.-K. Huysmans, le premier, qui n’a pourtant pas la réputation d’être un exécuteur des basses oeuvres de la littérature. Ainsi écrit-il dans «Certains » : … elle tient l’arc de l’ancien Eros dont le carquois lui bat les jambes, de l’autre, elle élève, comme le chef sanglant du Précurseur la tête décapitée d’Hamlet*.
Et le regretté Daniel Arasse ne parle-t-il pas du chef, mêmement décapité, de l’affreuse Méduse ?
Enfin, Jacques Roubaud lui-même, parangon de vertu stylistique si l’on en croit Wana, ne craint-il pas de comparer le soleil à une tête décapitée.
Donc, certes, il s’agit stricto sensu d’un usage légèrement abusif, mais il a le mérite d’appuyer là où ça fait mal, si j’ose dire. Bref, n’en déplaise à notre pinailleur picard, une tête décapitée, ça a de la gueule…
Moi, je vous verrais mieux dans une réalisation du Caravage.
Il avait un sens du dramatique, de l’émotion qui éclate à chaque plan. Entre ombre et lumière. Et ses éclairagistes étaient les meilleurs de l’époque.
Il avait surtout un meilleur responsable du casting que Klimt qui, très maladroitement, avait fait appel à un nommé Lucullus.
Ce Lucullus, certes, avait montré quelque réussite avec La grande bouffe. Pourtant, toute la profession savait bien qu’il n’avait que mépris pour les trop légères collations. Alors, pensez bien, chère Rose, que les «décollations» c’était pas son truc.
D’où l’erreur grossière de casting.
_________________________
Une Judith estimable ne ressemble pas à une espèce de viennoiserie maigrelette, étiolée, mal cuite et percluse de langueurs… Une chose sans âge et sans appétit, une caricature anémiée : la faiblesse peinte, dépeinte et décolorée dans un décor suranné, décadent. Huysmans s’en serait délecté sans doute. Il avait le goût de la futilité distinguée, celui des vieilleries insipides et névrosées. Mais Huysmans ne fait pas un public.
…
La Judith éternelle est la fière et farouche femme femelle. Celle qui sait le samedi matin saisir l’oie qui sera la plus appétissante au repas du dimanche. Elle la capture, parmi toutes les volailles qui piaillent et s’agitent au poulailler. L’oie complice se laisse transporter. Elle se laisse accrocher par les pattes à la rampe du perron. Elle pend alors, stupide, et bat un peu des ailes. Par étonnement, par contentement ?… Qui le saura jamais ?
Judith, qui connaît l’utilité des choses et le soin qu’il faut apporter aux grandes missions, pose une gamelle de fer émaillé à la verticale du volatile pendu… Elle vocalise ensuite une sorte de mélopée rurale, quelques onomatopées chantonnées, gringoTTTTTTées*, de celles qui battent le rappel des poules dociles et gourmandes.
Alors, avec la détermination qui convient et en suivant les usages locaux, sans haine aucune, elle tranche définitivement le cou de l’oie qui ne dit mot : elle qui cacarde d’ordinaire n’est guère bavarde en ces moments.
Tout son sang descend et file, en ligne droite et verticale, vers la gamelle autour de laquelle les poules attendaient. On sait peu combien les poules peuvent être sanguinaires… Les poules et Judith.
___________________
La Judith du Caravage sait tenir son rôle. On sent le sang qui irrigue sa constitution robuste : c’est une femme de chair. La lèvre muette est déterminée et seul le froncement des sourcils nous dit tout. C’est lui qui parle.
_____________________
Quant à jouer le rôle du supplicié (comme m’y invite Lucullus), pourquoi pas ?… Si la partenaire est si ferme et si femme, si c’est vous, Rose, si accorte, si tentante et tant rose de teint ?…
Un rôle sans aucun risque : les truquages sont assurés par la SFP et la giclure de sang le signale bien.
Puisque nous en sommes à illustrer Rose et Judith, et dans l’esprit de TRS, que je partage quand il imagine une Judith déterminée et robuste, (et une Rose qui ne l’est pas moins -déterminée-, pour robuste je ne me prononcerai pas), je préfère, et de loin, une œuvre féminine :
celle d’Artemisia Gentileschi (vous avez toujours tendance, chers messieurs, à oublier qu’il existe aussi des artistes peintres féminines). Celle-ci est la deuxième version que je préfère à la première, en partie à cause de la couleur mort-dorée de la robe de Judith et aussi parce que l’on voit beaucoup mieux les efforts désespérés d’Holopherne pour échapper à son destin que sur celle-ci :
La Judith d’Artemisia est d’autant plus prenante que l’on raconte qu’en peignant cette Judith elle s’est vengée de son violeur. (l’art et la psychanalyse bien avant Freud).
Pour le rôle masculin, je ne me prononcerai pas non plus… quoique je verrai plutôt Rose envoyer TRS à la dé-collation (d’autant qu’il s’est proposé pour le rôle) mais ….sans truquages ! que Rasta incapable de se défendre, perclus qu’il est de rhumatismes :
Rédigé par : zerbinette | le 19 février 2011 à 09:34 | Your comment is awaiting moderation.
Ah, trois liens, c’est deux de trop ! et pour cela, je risque fort qu’on les utilise pour l’exécution après les sommations d’usage (n’étant pas assez noble pour mourir par le fer).
Suite : toujours d’Artémisia, j’aime bien celui-ci aussi, pour son côté sens pratique après l’ouvrage accompli :
Judith et sa servante avaient apporté leur petit panier et un linge pour recueillir la tête d’Holopherne et elles repartent tranquillement, le panier sous le bras et l’épée sur l’épaule. Mais que regardent-elles donc vers l’arrière ?
je l’aime beaucoup artemisia c’est la fifille à son papa
autant qu’elisabeth vigée lebrun que j’aime beaucoup aussi
rasta mon amour avant il était à plat plat
puis sur un coude il s’est levé grâce à moi
à londres
maintenant il a le dos à 45°
appuyé certes contre lassouline
mais redressé
encore un effort
bientôt il sera à 90°
mais patience mâle rose, patience et sapience aussi
Le sang qui gicle, le clair-obscur, les regards torves, les lourdes draperies, excusez-moi de vous le dire, mais c’est trop.
Comme si la gracilité de Rose pouvait s’accommoder de tant de chair, de pâte, de réalisme cru sinon obscène.
Il ne manque que le son et les gargouillis que pourrait produire un col tranché par une main inexperte. Afin qu’on comprenne bien que plus jamais Holopherne ne gringottera ni ne gazouillera.
Pourtant, l’acte de Judith n’est pas l’expression d’une vengeance expéditive, mais bien celui d’une combattante inspirée et sa victoire est sans rapport aucun avec la circonférence de ses bras.
Las ! à l’ange de colère, vous préférez la bouchère.
P.S. Zerbinette, j’ai néanmoins bien ri à votre représentation de Rasta Popoulos. Bien qu’il soit beaucoup, beaucoup plus jeune que ce vieillard vénérable qui ne semble pas avoir un bon job.
P.P.S. Toiros, ne touchez pas à Huysmans, sacrilège ! Est-ce que je m’en prends à Vialatte, moi ?
bavez zàl’échalotte ma douce, sursoyez à l’échafaud
non non je vous en conjure
alors que rasta a mis trois ans à dire nous et trois ans et demi à redresser son corps malingre à demi vous ne pouvez, las, sur l’heure, le laisser choir.
Choyez-le rose, choyez -le il n’attend que cela vos doux mots chuchotant dans le creux de son oreille mon gros loup mon canari en sucre
il n’attend que vos bras graciles et anorexiques l’enserrant mollement lui gazouillant je ne meurs pas mon amour je ne meurs pas, non pas tout de suite
il reçoit, heureux et confiant en votre guérison miraculeuse votre mouchoir de batiste imbibibé de vos sucs de toux récidivante
il ne rêve que de votre moussaka rasta
même s’il ne le dit pas
le soir chez lui il dit
là-bas chez ma mie, mi, ma tendre et douce, la moussaka n’attend que moi.
Jouissant quand même de ne pas y mettre les pieds dans la moussaka et que la moussaka déprime seule dans son confiturier en noyer de l’arbre de chez elle
avoir une moussaka qui vous attend quelque part, c’est le rêve ! Le rêve absolu dont même anna gavalda cette gourde n’a pas songé un quart de phrase de livre. Elle pensait la naïve je voudrais bien que quelqu’un m’attende quelque part. Ben il y a mieux oui ; c’est moi j’ai de la moussaka qui m’attend quelque part
Le must
un pot (non, plus) de moussaka qui l’aatend quelque part dans un confiturier en noyer j’insiste au cas où les thomas n’y croiraient pas ! les incrédules !
non il est à demi, un jour il sera totaleme,t redressé
J’ai peur que vous ne vous fassiez des illusions sur l’efficacité des roses et des judiths graciles, sévère lucullus, mais pour ne point heurter votre sensibilité, en voici une :
mais, même si j’aime Botticelli, je trouve tout cela bien fade….. pas la moindre petite goutte de sang sur la robe !
Rose a probablement déjà cra(na)qué car je suis bien sûre qu’elle est déjà passée par là.
Et j’ai bien l’intention de faire un tour à Paris pour cranaquer aussi mais en grandeur nature au Luxembourg et au Louvre aussi où un petit morceau de tableau m’appartient ! (une des plumes du chapeau). Mais là, pas une seule goutte de sang, seulement des Grâces graciles aux regards assassins….
Judith était déterminée et robuste. Qui a déjà tranché le cou d’un lapin décédé et inerte imagine l’effort nécessaire quand il s’agit de décapiter un Holopherne vif.
Elle était aussi une « femme de tête » : elle savait préparer au mieux l’avenir.
Ainsi, elle a souhaité nous épargner le remake d’une interminable discussion à propos des proportions fantaisistes que Mantegna donnait à ses gisants.
Mantegna : – Avez-vous passé une bonne nuit ?
Judith : – Terrible!… J’ai pris « mon pied »… et j’ai pris la tête.
Mantegna : – Félicitations… Euh, l’autre pied…vous m’le laissez ?… Moi, quand j’peins des allongés, j’aime bien les pieds en premier plan.
Judith : – Volontiers… Au fait, vous n’auriez pas un sac-poubelle ? Je suis embarrassée avec cette maudite tête. Je risque de tacher ma robe.
ah je suis très très très contente
en bas à gauche zoomez il y a le petit dragounet de Cranach l’ancien, sa signature
elle est jolie non Lucrèce ?
elle et moi avons les mêmes pieds égyptiens ; le second orteil plus long que le pouce : cela signifie femme de caractère. Ne pas nous marcher sur nos pieds, nous réagirions du tac au tac, tchac tchac, et toc.
et un soneto 4,4, 3,3.
Bon
je m’y colle
un discours strict ça me va
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Bonjour Wana !
Connaissez-vous cette belle définition de sonnet de Lope de Vega ?
http://es.wikisource.org/wiki/Un_soneto_me_manda_hacer_Violante
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Wana,
J’ai bien lu votre énoncé, en forme d’invitation… Ce matin, et je suis « du matin », comme vous savez, vous qui errez si souvent en noctambule.
Docile, je me suis plié aux contraintes qu’il impose, cet énoncé implacable.
Mais mon goût actuel du masochisme en a ajouté d’autres : la rime… et l’émotion.
C’est bien mortifère, je sais, mais comment échapper à l’addiction musicale de la rime et à la « grandiosité » des sentiments. En ce bas monde, la grandeur des choses s’estime et se paie au prix de la sueur, du sang et des larmes. On le sait.
L’Oulipo et ses potes, négligents, se contentent de la sueur… Celle qui inonde le front du comptable méticuleux, armé ou non d’un gématron… C’est très restrictif et ne convient pas à celui qui souhaite équilibrer les plaisirs de l’intellect (qui numérote)… et ceux des tripes, celles qui nous apportent de si basses satisfactions : contentement, gloutonnerie et plaisir, drame et émotion, rythme et musique.
______________
Trêve de considérations, voici donc mon ouvrage du matin. J’espère avoir bien compté* lettres et espaces (qui ne comptent pas… ou si peu) :
…
Moi ton mari**
________________
* J’ai décidé qu’« Anne-Marie », neuf lettres et un trait d’union, vaut pour 10.
Et, par la vertu accommodante du clinamen, les autres signes de ponctuation, l’apostrophe, le « deux-points », la virgule… etc. valent aussi pour 1, dans le décompte. Ou à peu près.
** La signature n’est pas à prendre en « compte »… Juste le plaisir futile de l’allitération facile.
__________________
Pour l’anecdote et mes biographes futurs :
«Anne-Marie» était bien le prénom de mon épouse. Elle m’a quitté le 20 janvier dernier et fut inhumée quatre jours plus tard.
Merci, Wana, de m’épargner toutes condoléances : j’en suis inondé, elles débordent de mes tiroirs à souvenirs. Et je ne sais plus où les ranger…
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Toiros,
Donc, on ne dira rien. On est là, c’est tout.
Wana,
Mon essai va sembler désormais incongru.
Je vous le livre quand même.
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Rectif de la ponctuation…
qui adulent
tes notules
surréelles :
ton cheptel
riz-pain-sel,
Ô Wana cruel.
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>Toiros
Mon clavier restera aussi muet.
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>TRS
je n’y crois pas
mais qu’irez-vous encore inventer ?
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pas de quartier
rythme ternaire
2/8
4/6
4/6
2/8
2/8
4/6
3/7
5/5
7/3
3/7
2/8
3/7
2/8
7/3
Wana bonsoir, tu as discours strict ce sera strict, les autres c’est pas mal ce que vous avez fait, mais cela n’a rien de strict. Las.
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didascalies :
attribuer in petto le patronyme choisi par mes soins diligents à votre pire ennemi
déclamer d’une voix de stentor
dans sa salle de bains ou aillleurs
en brandissant un poing levé rageur vers le miroir ou le plafonnier
secouer la tête énergiquement
être déterminé
y croire
fulminer
puis être heureux
rire
chantonner ou siffloter au choix (je vous le laisse à votre entière convenance)
bichonner votre aimée
dormir paisiblement
grosses bises à tous
à +
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J’ai écrit ces quatorze lignes parce qu’un abonné de twitter (@centquarante) a décidé de ne publier que des textes courts d’exactement cent quarante signes espaces compris.
Je me suis donné la liberté supplémentaire de ne pas inclure les espaces
Je n’avais pas tenté de faire rimer mon modèle… mais je dois avouer que les réalisations qui précèdent me surprennent et m’enchantent.
Et ce n’est pas une mince émotion que d’avoir, du coup, inspiré le poème de ToiRoS.
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Compagnons
De la rime
Respectons
Le sublime
Rosmi Wana
Zerb Jesús
PPLS Rasta
& Lucullus
Partageons
Le chagrin
D’un Ancien
Et pleurons
En ce matin
Du Magicien
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Bien dit, Zerbinette…
Et puisque ni Wana ni son compère Pangloss n’ont encore balancé quelque vacherie à l’encontre du Rastaquouère®, c’est moi qui m’y colle. En vers et contre tout.
“La goétie * de mon Teigneux”, tel pourrait être le titre de ma bluette.
* Goétie : Évocation des esprits malfaisants.
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Avant de dégainer, avant l’irréparable, avant l’hémoglobine qui inonde et la strangulation définitive,… par l’effet d’une clémence trop magnanime, voici 140 lettres alignées.
En guise d’avertissement.
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>rose j’aimerai que vous m’ expliquiez
le premier sec sans musicalité
le second avec son élan et ses alexandrins
je ne vous reconnais pas est ce vous ?
Sur ce coup ci, si votre tendre ami Rasta ne vous loue pas, ma biche, vous pourrez ensuite toujours attendre
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titata
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> Lucullus,
Le matin, sous la douche, il m’arrive de gringotter.
Comme je ne suis pas pingre, je le fais toujours avec deux «T».
Est-ce par avarice ou par goût du clinamen que vos zélotes font l’économie d’un T supplémentaire qui ruinerait votre comptage ?
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> Lucullus,
Je retire ma remarque.
J’ai cherché un peu et mon écran plat – qui vous est si complaisant ce matin- me dit qu’il semble exister une variante à un seul « T ».
Et donc, par goût de la nouveauté, sous ma prochaine douche, je gringoTerai …
Quelle émotion !… celle de la découverte.
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TRS,
Quel pinailleur vous faites.
Que peut-il vous chaloir que les gringos ne gringotent qu’avec un seul T, ou que les pies pillant les papayes piaillent avec une ou deux L ?
Vous que la moindre allitération fait saliver, vous auriez mieux fait de saluer cet alexandrin (de circonstance) :
« Et religieusement la mirent dans la myrrhe ».
(Mais il est trop tard
pour piquer son Phare)
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>lucullus grand merci
>michèle
c’est moi
comment ?
c’est l’élan du coeur
et tout le paradoxe de la contrainte oulipienne qui amène à la liberté, jouissive comme dans le jardin botanique à la fin de l’été où les mots se bousculent et arrivent en alexandrins comme ça ; t’a juste à compter vérifier et après tu comptes presque plus parce qu’ils se rangent seuls chacun sa place dans la limousine du poème
c’est pareil que l’amour c’est l’élan du coeur la poésie
mais l’oulipo jouerait le rôle du démarreur de la mise en route surtout si la machine est grippée rouillée calanche
hoquette (comme ma chaudière quoi)
wana rasta eron2FOI pierre henri bises à vous tous
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Rose,
Je ne sais pas pourquoi – et sans doute serai-je à côté de la plaque – mais vos Erythrées somnolant(es) me font penser à certains tableaux de Dali.

Peut-être celui-ci :
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> Lucullus, hier dans la matinée…
1. J’avais entendu le « mirent…/…myrrhe ». Sans être vraiment épaté. Prononcez-le, ce vers, et votre oreille* vous dira comme c’est lourd et facile, et… attendu.
2. Par contre, un peu plus loin, l’enchevêtrement habile des V et des Ch , des L avec les R me convient mieux. Articulez le passage et voyez si votre oreille en est aussi ravie que la mienne.
Si la chose est de Rose, j’en suis « tout chose ». Et bien agréablement surpris.
3. Vous avez raison. Peu me “chaut” que la pie pine ailleurs, en pinailleuse, et que cette canaille aille et piaille sans toutes ses L. Elle qui jacasse, agasse et jase. D’ordinaire.
Seul me « chaut » le pipit farlouse, tandis qu’à l’heure du thé il turlute avec un seul T.
Et qu’à l’heure de la douche, il m’accompagne, fidèle et accordé au la 442, en un duo zoologique, harmonique et hygiénique, alors que je « gringoTe » en économe.
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* La mienne est très enthousiaste à mes vers de mirliton (et aux vôtres) et plus sévère ailleurs, quand le genre se veut noble… ou lyrique.
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► lucullus: bien vu, le tableau !
► rose : “…la contrainte oulipienne qui amène à la liberté, jouissive …” et “…et après tu comptes presque plus parce qu’ils se rangent seuls chacun sa place …” c’est vrai et c’est bien dit !
► lucullus : merci j’ai découvert le verbe “gringotter”
► TRS : j’ai tenté, avec une ambition modeste, d’accompagner la révolte des opprimés, par l’invocation de puissances divines dans mes anagrammes. Ce n’est pas moi qui oserais, ensuite, imposer des normes…
Je partage volontiers votre goût de la rime et de la musicalité (à défaut de pouvoir partager, pour cette fois, une émotion qui vous est propre et que je respecte ).
J’avais même commencé à écrire sur ce blog, par un premier texte assez formel, où je dis tout ce que j’attends de la rime (voir, en haut à gauche, la page “Profession deux fois“, un jeu d’acrostiche que j’ai retravaillé encore récemment)
Je connais deux “Copacabana”: la plage de Rio où, le 19 juillet 1994, au milieu d’une foule exubérante, j’ai acheté à mes deux fils les premières copies du maillot de l’équipe de foot du Brésil, orné de sa quatrième étoile, conquise deux jours auparavant, aux États Unis (il en a gagné une cinquième, depuis).
Et aussi, la petite ville de Bolivie située au bord du lac Titicaca, d’où l’on embarque, venant de Puno au Pérou, en direction de La Isla del Sol , puis de Tihuanaco et La Paz.
Si “le populo” n’a pas ma peau… si j’ai du pot et si je ne suis pas étrillé par les impôts, je recommencerai ce périple.
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@TRS ( le 14 février 2011 à 21:05) :
Bravo pour “colt” qui rime avec “révolte”-
Rasta, qui lit tout.
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merci TRS (oui c’est moi) et Wana (bonsoir, j’aime bcp quand l’alexandrin s’invite et vient en bouche rimer, avec allégresse)
>lucullus j’ai été abalobée par votre toile ; de prime abord, je l’ai trouvée terrifiante mais j’ai relu mon poème, elle l’illustre fort bien. Dans mon imaginaire, je voyais un tableau coloré avec une superbe chevauchée des femmes demi-nues à la chevelure éparse, fuyant, groupées.
Beaucoup de couleurs des jaunes des verts, des orangées des rouges pour les femmes et les hommes en noir minces guerriers austères grands ; un jour, si je trouve, je vous le dirai.
Pas du tout ce blanc crème qui m’a un peu, euh, fait bizarre. Et ces corps qui se dominent et s’estrangoulent. Mais en le revoyant et bien non je ne trouve pas que vous soyiez à côté de la plaque car, de fait, cette violence là qu’il y a dans ce tableau de Dali est dans mon poème ; les seins tranchés, les têtes décapitées, les troncs épars.
Je voudrai juste vous rassurer, après avoir écrit cela d’un jet, le terme élan est celui qui me convient, je suis gaie, pas triste du tout, allégée, paisible.
Enfin, pour moi je tiens à vous le dire ce poème est d’amour.
J’espère ne pas vous choquer.
Je veux dire si vous me voyez avec un cimeterre à la main guettant la vengeance et la douleur d’une main de maîtresse-femme et ben vous n’y êtes pas.
Je tenais aussi à vous dire que mirent pour moi était à double sens, du miroir, se mirer à mettre au passé simple ; les mots à double entendement me fascinent.
Il l’a louée.
Elle l’a embarqué.
Mais vous savez, si vous ne comprenez pas, je ne me fâcherai pas.
Ceci dit ces mots là m’appartiennent et je ne les renie pas : ils sont miens.
>Rasta bonsoir
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> Rose,
1. Bravo donc pour votre sonnet : il a des accents qui me conviennent et, vous fréquentant depuis peu, j’étais habitué à votre expression ordinaire et disons… un peu « exotique», un peu «marseillaise» me disait, je crois, Wana.
Je suis rassuré.
2. Lucullus (vous savez, celui qui vous chipote un accord au féminin de vos «Erythrées»), me trouvera sans doute encore un peu pinailleur.
Il aura raison: Lucullus a toujours raison et connaît tout de l’économie des T. C’est dire sa sagesse.
– Pinaillage N°1
Pinaillage N°2
Vous évoquez, chère Rose, le double sens de “mirent”.
Au premier degré, sans doute le verbe «mettre» au passé simple, comme la conjugaison, la syntaxe et le sens le voudraient.
Sans doute pour des propriétés supposées de conservation « thanatopratiques ». Faute de formol ou de congélateur disponibles, gardons-la dans la myrrhe, cette sève. A titre de relique.
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Au second degré, dites-vous, il s’agirait du verbe « mirer ». Je vous cite :
A ceci près que cette myrrhe, comme tant d’autres sèves et résines ( celle du térébinthe, le copal, la colophane et autres exsudats botaniques) n’a guère de vertus réfléchissantes ou de transparence*.
A ceci près aussi, qu’au passé simple, le verbe «mirer » a coutume de faire «mirèrent».
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A vous relire ce matin, avec une attention nouvelle, je découvre toute la salacité de votre texte… et une consonance qui m’avait échappé :
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Le carquois, ustensile de forme si phallique, est souvent muni de plusieurs flèches. Il permet donc de tirer bien des coups.
Et, dans le carnage que vous évoquez, Rose lubrique, le «seigneur saigneur», dressé et turgescent, y trouvera son compte…Heureux homme !
Et pour homologuer la chose, prions Wana de requérir Geff et son gématron… Qu’il n’oublie pas aussi son « gemme à troncs »… pour la myrrhe et autres substances poisseuses.
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* A noter que beaucoup d’exsudats résineux, par l’effet de la chimie, ont su trouver une application en peinture et une transparence acquise : on les retrouve dans les vernis, dans la térébenthine et autres substances disponibles chez les marchands de matériel et matériaux pour les beaux-arts.
Vos massacreurs d’Erythrées étaient sans doute équipés d’armes tranchantes, bien affûtées. Je les imagine mal avec cornues et fournitures adaptées à la chimie pratique en temps de carnages.
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Le “pinaillage N°1” a été bien amputé… Je tente de le recoller:
– Pinaillage N°1
Techniquement, bien que la chose soit peu ragoûtante, il est possible de trancher un sein. Sauf celui de Jane Birkin. Il s’y refuse.
S’agissant de la décapitation – l’action de séparer subitement la tête d’un individu d’avec le reste de sa constitution – c’est plus délicat, tel que vous en parlez.
Celui qui se trouve décapité a perdu la tête. Est-ce qu’une tête anatomique peut être décapitée ?…
-Oui, et très éventuellement… si elle est décalottée. Avec une habileté étonnante.
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Sans vouloir être tranchant, je remarque que nombreux sont ceux qui évoquent – sur le fil de la plume plutôt que sur celui de l’épée – des têtes décapitées.
J.-K. Huysmans, le premier, qui n’a pourtant pas la réputation d’être un exécuteur des basses oeuvres de la littérature. Ainsi écrit-il dans «Certains » : … elle tient l’arc de l’ancien Eros dont le carquois lui bat les jambes, de l’autre, elle élève, comme le chef sanglant du Précurseur la tête décapitée d’Hamlet*.
Et le regretté Daniel Arasse ne parle-t-il pas du chef, mêmement décapité, de l’affreuse Méduse ?
Enfin, Jacques Roubaud lui-même, parangon de vertu stylistique si l’on en croit Wana, ne craint-il pas de comparer le soleil à une tête décapitée.
Donc, certes, il s’agit stricto sensu d’un usage légèrement abusif, mais il a le mérite d’appuyer là où ça fait mal, si j’ose dire. Bref, n’en déplaise à notre pinailleur picard, une tête décapitée, ça a de la gueule…
* Carquois qu’on dise, Eros et Thanatos…
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Rose,
Je vous verrai mieux dans un tableau de Klimt que chez Dali…

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Mais où avais-je la tête ? J’ai failli oublier TRS (ou quelque Rastanistanais) dans le rôle décapital d’Holopherne.
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> Rose,
Lucullus « vous voit » comme il veut.
Moi, je vous verrais mieux dans une réalisation du Caravage.
Il avait un sens du dramatique, de l’émotion qui éclate à chaque plan. Entre ombre et lumière. Et ses éclairagistes étaient les meilleurs de l’époque.
Il avait surtout un meilleur responsable du casting que Klimt qui, très maladroitement, avait fait appel à un nommé Lucullus.
Ce Lucullus, certes, avait montré quelque réussite avec La grande bouffe. Pourtant, toute la profession savait bien qu’il n’avait que mépris pour les trop légères collations. Alors, pensez bien, chère Rose, que les «décollations» c’était pas son truc.
D’où l’erreur grossière de casting.
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Une Judith estimable ne ressemble pas à une espèce de viennoiserie maigrelette, étiolée, mal cuite et percluse de langueurs… Une chose sans âge et sans appétit, une caricature anémiée : la faiblesse peinte, dépeinte et décolorée dans un décor suranné, décadent. Huysmans s’en serait délecté sans doute. Il avait le goût de la futilité distinguée, celui des vieilleries insipides et névrosées. Mais Huysmans ne fait pas un public.
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La Judith éternelle est la fière et farouche femme femelle. Celle qui sait le samedi matin saisir l’oie qui sera la plus appétissante au repas du dimanche. Elle la capture, parmi toutes les volailles qui piaillent et s’agitent au poulailler. L’oie complice se laisse transporter. Elle se laisse accrocher par les pattes à la rampe du perron. Elle pend alors, stupide, et bat un peu des ailes. Par étonnement, par contentement ?… Qui le saura jamais ?
Judith, qui connaît l’utilité des choses et le soin qu’il faut apporter aux grandes missions, pose une gamelle de fer émaillé à la verticale du volatile pendu… Elle vocalise ensuite une sorte de mélopée rurale, quelques onomatopées chantonnées, gringoTTTTTTées*, de celles qui battent le rappel des poules dociles et gourmandes.
Alors, avec la détermination qui convient et en suivant les usages locaux, sans haine aucune, elle tranche définitivement le cou de l’oie qui ne dit mot : elle qui cacarde d’ordinaire n’est guère bavarde en ces moments.
Tout son sang descend et file, en ligne droite et verticale, vers la gamelle autour de laquelle les poules attendaient. On sait peu combien les poules peuvent être sanguinaires… Les poules et Judith.
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La Judith du Caravage sait tenir son rôle. On sent le sang qui irrigue sa constitution robuste : c’est une femme de chair. La lèvre muette est déterminée et seul le froncement des sourcils nous dit tout. C’est lui qui parle.
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Quant à jouer le rôle du supplicié (comme m’y invite Lucullus), pourquoi pas ?… Si la partenaire est si ferme et si femme, si c’est vous, Rose, si accorte, si tentante et tant rose de teint ?…
Un rôle sans aucun risque : les truquages sont assurés par la SFP et la giclure de sang le signale bien.
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quand vous serez calmé, à la fin de vos règles, que vous cesserez votre hystérie, je vous répondrai
sinon ce n’est pas un sonnet
vous n’êtes guère doué
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Puisque nous en sommes à illustrer Rose et Judith, et dans l’esprit de TRS, que je partage quand il imagine une Judith déterminée et robuste, (et une Rose qui ne l’est pas moins -déterminée-, pour robuste je ne me prononcerai pas), je préfère, et de loin, une œuvre féminine :
celle d’Artemisia Gentileschi (vous avez toujours tendance, chers messieurs, à oublier qu’il existe aussi des artistes peintres féminines). Celle-ci est la deuxième version que je préfère à la première, en partie à cause de la couleur mort-dorée de la robe de Judith et aussi parce que l’on voit beaucoup mieux les efforts désespérés d’Holopherne pour échapper à son destin que sur celle-ci :
La Judith d’Artemisia est d’autant plus prenante que l’on raconte qu’en peignant cette Judith elle s’est vengée de son violeur. (l’art et la psychanalyse bien avant Freud).
Pour le rôle masculin, je ne me prononcerai pas non plus… quoique je verrai plutôt Rose envoyer TRS à la dé-collation (d’autant qu’il s’est proposé pour le rôle) mais ….sans truquages ! que Rasta incapable de se défendre, perclus qu’il est de rhumatismes :
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Rédigé par : zerbinette | le 19 février 2011 à 09:34 | Your comment is awaiting moderation.
Ah, trois liens, c’est deux de trop ! et pour cela, je risque fort qu’on les utilise pour l’exécution après les sommations d’usage (n’étant pas assez noble pour mourir par le fer).
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Voilà… j’ai validé !
Wana
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Suite : toujours d’Artémisia, j’aime bien celui-ci aussi, pour son côté sens pratique après l’ouvrage accompli :
Judith et sa servante avaient apporté leur petit panier et un linge pour recueillir la tête d’Holopherne et elles repartent tranquillement, le panier sous le bras et l’épée sur l’épaule. Mais que regardent-elles donc vers l’arrière ?
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Merci Wana !
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je l’aime beaucoup artemisia c’est la fifille à son papa
autant qu’elisabeth vigée lebrun que j’aime beaucoup aussi
rasta mon amour avant il était à plat plat
puis sur un coude il s’est levé grâce à moi
à londres
maintenant il a le dos à 45°
appuyé certes contre lassouline
mais redressé
encore un effort
bientôt il sera à 90°
mais patience mâle rose, patience et sapience aussi
mais droit
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à 45° il est d’équerre
oui mais il n’est pas black
quelle désolation cette vie de merde
vous pouvez tous me les linker je les connais par coeur n’hésitez pas
encore
encore
han han
encore
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Zerbinette, Toiros,
Le sang qui gicle, le clair-obscur, les regards torves, les lourdes draperies, excusez-moi de vous le dire, mais c’est trop.
Comme si la gracilité de Rose pouvait s’accommoder de tant de chair, de pâte, de réalisme cru sinon obscène.
Il ne manque que le son et les gargouillis que pourrait produire un col tranché par une main inexperte. Afin qu’on comprenne bien que plus jamais Holopherne ne gringottera ni ne gazouillera.
Pourtant, l’acte de Judith n’est pas l’expression d’une vengeance expéditive, mais bien celui d’une combattante inspirée et sa victoire est sans rapport aucun avec la circonférence de ses bras.
Las ! à l’ange de colère, vous préférez la bouchère.
P.S. Zerbinette, j’ai néanmoins bien ri à votre représentation de Rasta Popoulos. Bien qu’il soit beaucoup, beaucoup plus jeune que ce vieillard vénérable qui ne semble pas avoir un bon job.
P.P.S. Toiros, ne touchez pas à Huysmans, sacrilège ! Est-ce que je m’en prends à Vialatte, moi ?
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>rose
bavez zàl’échalotte ma douce, sursoyez à l’échafaud
non non je vous en conjure
alors que rasta a mis trois ans à dire nous et trois ans et demi à redresser son corps malingre à demi vous ne pouvez, las, sur l’heure, le laisser choir.
Choyez-le rose, choyez -le il n’attend que cela vos doux mots chuchotant dans le creux de son oreille mon gros loup mon canari en sucre
il n’attend que vos bras graciles et anorexiques l’enserrant mollement lui gazouillant je ne meurs pas mon amour je ne meurs pas, non pas tout de suite
il reçoit, heureux et confiant en votre guérison miraculeuse votre mouchoir de batiste imbibibé de vos sucs de toux récidivante
il ne rêve que de votre moussaka rasta
même s’il ne le dit pas
le soir chez lui il dit
là-bas chez ma mie, mi, ma tendre et douce, la moussaka n’attend que moi.
Jouissant quand même de ne pas y mettre les pieds dans la moussaka et que la moussaka déprime seule dans son confiturier en noyer de l’arbre de chez elle
avoir une moussaka qui vous attend quelque part, c’est le rêve ! Le rêve absolu dont même anna gavalda cette gourde n’a pas songé un quart de phrase de livre. Elle pensait la naïve je voudrais bien que quelqu’un m’attende quelque part. Ben il y a mieux oui ; c’est moi j’ai de la moussaka qui m’attend quelque part
Le must
un pot (non, plus) de moussaka qui l’aatend quelque part dans un confiturier en noyer j’insiste au cas où les thomas n’y croiraient pas ! les incrédules !
non il est à demi, un jour il sera totaleme,t redressé
ce n’est pas le moment de flancher rose
je vous le dis
en vérité
cent quarante vous tenez le bon bout
patience et sapience rose
si si
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No blood, no guts.
J’ai peur que vous ne vous fassiez des illusions sur l’efficacité des roses et des judiths graciles, sévère lucullus, mais pour ne point heurter votre sensibilité, en voici une :
mais, même si j’aime Botticelli, je trouve tout cela bien fade….. pas la moindre petite goutte de sang sur la robe !
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>Zerbinette
Un peu plus fade (la tête semble une marionnette), cette Judith de Lucas Cranach l’ancien :
http://autruchon.tumblr.com/post/1350688469/lucas-cranach-lancien-judith-avec-la-tete
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Jesús,
Vous avez mis en lien l’image que je voulais justement proposer à Rose : il y a là de quoi la faire cra(na)quer.
Zerbinette,
Bon d’accord, il est très propre sur lui, ce Botticelli. De quoi dégoûter du meurtre et de ses beaux-arts.
Quant à l’auto-portrait de Bening, je le trouve un peu trop mélanchtonique à mon goût. Mais le béret me siérait bien…
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>Lucullus
Comme vous savez, il y a, au moins, une autre version du même peintre :
http://www.reproarte.com/cuadro/Lucas_Cranach+der+%C3%84ltere/Judit+con+la+cabeza+de+Holofernes/3165.html
Notez aussi le « Photo-shop » dans cette version de l’artiste au cas de Salomé :
http://www.monossabios.com/08_oct_09_La_idea_de_Justicia_de_Alain_Badiou.html
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Jesús et lucullus,
Rose a probablement déjà cra(na)qué car je suis bien sûre qu’elle est déjà passée par là.
Et j’ai bien l’intention de faire un tour à Paris pour cranaquer aussi mais en grandeur nature au Luxembourg et au Louvre aussi où un petit morceau de tableau m’appartient ! (une des plumes du chapeau). Mais là, pas une seule goutte de sang, seulement des Grâces graciles aux regards assassins….
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Quelle est la signification de « cranaquer » ? Je ne l’ai pas trouvée quoiqu’il soit possible que j’aie cranaqué ; tout le monde a un passé.
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Judith était déterminée et robuste. Qui a déjà tranché le cou d’un lapin décédé et inerte imagine l’effort nécessaire quand il s’agit de décapiter un Holopherne vif.
Elle était aussi une « femme de tête » : elle savait préparer au mieux l’avenir.
Ainsi, elle a souhaité nous épargner le remake d’une interminable discussion à propos des proportions fantaisistes que Mantegna donnait à ses gisants.
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j’y crois pas je vais avoir droit à la collection.
à l’intégrale
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J’aime beaucoup votre lien de 18h28 jesus
il me fait penser à Lucrèce de l’ancien à Berlin
cranaquer cela signifie craquer pour Cranach
ça vient de sortir c’est tout nouveau tout beau
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>Wana bonsoir
ah je suis très très très contente
en bas à gauche zoomez il y a le petit dragounet de Cranach l’ancien, sa signature
elle est jolie non Lucrèce ?
elle et moi avons les mêmes pieds égyptiens ; le second orteil plus long que le pouce : cela signifie femme de caractère. Ne pas nous marcher sur nos pieds, nous réagirions du tac au tac, tchac tchac, et toc.
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