Petites considérations liminaires
Voici la chronique d’un voyage en Turquie (dans la région de la Cappadoce), que nous avons effectué la semaine dernière.
Je publie ceci avant tout à l’intention de nos compagnons de voyage.
Quand on arrive à minuit (passé de une heure trente) dans un pays inconnu, ce qui saute aux yeux n’est certainement pas la beauté du paysage… !
A la lecture de ce pastiche, le lecteur comprendra que, ce qui nous a « sauté aux yeux », dès notre arrivée, était, pour le moins, une énorme surprise ! Notre guide conférencier, un parfait francophone, n’impressionna pas seulement les voyageurs par sa présence, mais aussi par l’énergie de ses commentaires… fortement empreints d’un engagement sans réserve envers son pays (qui a dit chauvinisme ?)
Lors de notre retour à l’aéroport, ce matin aux aurores, je lui ai dédié ce pastiche * de la chanson Madeleine , de Jacques Brel, dont il est un admirateur (ce ne sont pas tous les belges qui ont cette chance !)
* composé entre deux rakis et deux cafés, en pleine nuit : pas le temps suffisant pour écrire un acrostiche !
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Atasay
Nous débarquons en Turkya
Une heure et d’mie de retard
On monte dans l’autocar
Direction Antalya
Un type nommé Atasay
Vient se planter devant moi.
Debout, il touche le toit !
C’est pas vraiment un bonzaï !
Atasay, malgré sa taille,
Gabarit « Amin Dada »,
C’est juste un bon petit gars
Fan de Galatasaray…
Neuf heures ! Debout ! Atasay
Nous emmène à Aspendos
Demain ce s’ra plus duraille :
On part vers la Cappadoce…
Pour lui, le job de guide
Ça s’vit comme un combat !
Les Turcs, les Seldjoukides
Atasay, il n’arrête pas !
Ce matin-là, Atasay
Nous emmèn’ jusqu’à Konya.
Il nous parl’ du Karatay,
Du musée de Mevlana.
Puis on part vers Nevshéhir
Par la route de la soie…
Pas un instant, il respire !
Atasay n’arrête pas …
Les loukoums et le raki,
Ça ! Vous n’y couperez pas !
Il savaient déjà tout ça,
Dans la cité de Kaymakli …
Le tuf, cheminées de fées,
De gaulle, vallée des chasseurs,
Les églises de Görémé
Atasay connaît par cœur !
Si par jeu tu le railles
Avec Fenerbace
Fais gaffe à tes entrailles !
Ata, il v’Ata – mocher !
Le lendemain, Atasay
Nous parle d’écol’, de lois…
Et du Caranvanserail…
Atasay, il n’arrête pas !
Il serait Roi, Atasay,
Sultan de Syrie, je crois…
Sauf le respect que l’on doit,
Au grand Kemal Mustapha !
Atasay, il aime Devedjian,
Comm’ le kebab, cuit au four…
Haché, avec du piment !
Mais il écoute Aznavour !
Mais, on le sait, Atasay,
Il faut quitter cet endroit,
Cette région d’Aksaray.
Retour vers Antalya !
C’était un beau voyage,
Tapis, cuirs et bijoux,
Et les beaux paysages …
Faudra revenir un jour !
Un de ces jours, Atasay,
Nous retournerons vers toi
Visiter Anatolya,
Et, Cher Ata, on aimera ça !
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Wana, le 17 mars 2008
Cher Wanatoctoumi (yeah I wanatoctouyou…), je crois que décidément la Turquie prédispose à la poésie parodique. Voici le poème que j’avais moi-même composé il y a quelques années déjà :
Turquerie complète
J’ai parcouru la Corne d’Or,
(disait Tamerlan en verlan)
le Bosphore et la mer Egée,
(où les écumes vont perlant)
Mais j’ai connu mon apogée
à l’enseigne du Vieux Merlan
à Barbès, à la Goutte d’Or
J’ai visité chaque mosquée
et le palais de Topkapi,
où des gendarmes en képi
pourchassaient des bandits masqués…
Où sont les perles, les rubis
et les diamants de cent carats ?
quand part le train pour Ankara ?
ce fromage est-il de brebis ?
J’ai vu, j’ai vu de mes yeux vu
les splendeurs de la Cappadoce
les souterrains (qui n’ont pas d’os)
ne m’ont pas pris au dépourvu
Ta coupole, ô Sainte Sophie
m’a plongé dans l’admiration
Foin de ce qu’on admire à Sion
Quelle aimable philosophie
Mes pieds émus par les tapis
qui couvrent le sol des mosquées
se souviennent – oh i’m happy –
de la vraie douceur des tissages
jeunes filles aux rubans sages
à leur métier bien appliquées
Car la Turquie enfin j’adore
où même l’eau a nom « turquoise »,
ne me fais pas mine narquoise,
je t’emmène à la Corne d’Or…
19/10/03
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